Dérives médias sociaux : le danger des défis

Véritables phénomènes de société depuis le début de l’année, les défis lancés sur les réseaux sociaux prennent toujours plus d’ampleur. Véritables dérives des jeunes en quête de popularité et de « cool attitude », ils engendrent avant tout des comportements dangereux entraînant des blessures grave et même des morts.   neknomination Le premier et non le moindre de ce type de défis aura été, on s’en souvient la fameuse neknomination. Un mouvement qui prend son origine début janvier en Australie, la page Facebook dédiée compte alors plus de 190 000 fans (si la page existe toujours, le nombre a considérablement baissé pour ne plus peser « que » 8 825 fans aujourd’hui). La neknomination s’est rapidement développée à l’international, de la Nouvelle-Zélande, puis en Europe (Grande Bretagne, Irlande et France). Le principe : se filmer en train de boire de l’alcool cul sec et désigner trois de ces « amis » pour les inciter à faire de même. Si le concept de base consiste à boire une « simple bière dans une position originale », il a rapidement été « amélioré », engendrant, non seulement une consommation excessive d’alcool et autres « ingrédients », l’incitation à la consommation d’alcool (certains des concepteurs allant ironiquement parler de modération) et conduisant à des pratiques dangereuses. Oui, car le principe reposant sur l’idée de « défier » ses amis, il incite donc immanquablement à une prise de risque toujours plus grande. Le constat : plusieurs morts recensés dans différents pays Parade : face à l’ampleur de ce phénomène, certaines initiatives ont vu le jour. En France, on retiendra celle d’un jeune Calaisien, Julien Voinson qui a lancé l’opération Smartnomination. Le concept : se filmer en train de réaliser une bonne action envers les plus démunis et inciter trois de ses amis à faire de même. Tout cela en moins de 24 heures…     A leau ou un resto « A l’eau ou un resto » : après la neknomination, voici un nouveau défi lancé à l’initiative de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai (2014). Le principe : il s’agit de se filmer se jetant dans l’eau froide et invitant trois de ses « amis » à faire de même. Celui qui échoue devant s’acquitter d’un resto. L’initiative a semble t-il été lancée par de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai 2014. Le constat : là encore, on dénote d’ores et déjà quelques incidents (un jeune homme a été grièvement blessé le 31 mai dernier). Il est d’ailleurs à déplorer que les créateurs de ce défi semblent insensibles aux risques possibles et se dégagent de toute responsabilité (description du groupe Facebook créé pour l’occasion : « Le défi consiste à sauter dans l’eau froide après avoir été nominé… Si le défi n’est pas réalisé dans les 48h, un resto doit être payé… Attention à ne pas prendre de risques inutiles et à faire cela uniquement pour s’amuser, s’éclater et surtout sans Danger. Chacun est responsable de ses actes. la page ne pourra être tenue responsable de tout débordements ou accidents. » Si l’ on peut déplorer le lancement de ce type de défis et leur ampleur sur les réseaux sociaux, ont néanmoins constater avec soulagement qu’ils restent encore mineurs. Néanmoins, il reste donc important de sensibiliser les plus jeunes aux dérives que peuvent entraîner ce genre d’initiatives et de ne pas se « contenter » d’être des moutons de Panurge en adoptant une attitude responsable. Reste là le côté obscur des réseaux sociaux qui peuvent inciter à penser que plus on est « populaire » et plus on a d’amis sur Facebook, plus la vie est belle ! On ne le répètera jamais assez : la notion d’ « amis » sur les réseaux sociaux ne reflète aucunement une vie sociale IRL (dans la réalité).

Fort heureusement, on constate un phénomène de « sensibilisations » faites en réponse à ces dérives (comme celle de la smartnomination) même si elles trouvent un écho moindre.   défi 30 jours

Enfin, et pour rester sur une note optimiste, on notera également l’émergence de défis plus sains comme le défi « 30 jours » lancé à la date du 1er juin par une massothérapeute et visant à renforcer ses abdominaux en faisant « la planche » (gainage) sur des temps de 20 secondes à 270 et au-delà. Et vous, qu’en pensez-vous ?🙂

8 réflexions au sujet de « Dérives médias sociaux : le danger des défis »

  1. Excellent article. Les plus jeunes sont vulnérables à la vitalité de certains comportements. Les inventeurs des comportements à risque se dedouanent derrière l’écran. A contrario la dernière initiative est excellent et devrait s’etendre à d’autres domaines.

    • Merci Abdelhamid, les jeunes ne sont effectivement pas assez sensibilisés aux phénomènes de masse de ce genre.
      Il serait souhaitable que ces « défis » restent des cas isolés malheureusement c’est sans compter sur l’aspect viral des réseaux sociaux.

  2. Ping : Dérives médias sociaux : le dange...

  3. Le jeu de la viralité exercé par des jeunes peut être dangereux, en même temps l’interdiction semble un leurre. Il est temps que des adultes entrent dans la danse. Des idées à défendre, la sieste d’un quart d’heure sans s’endormir. Comment regarder le temps qui passe et commenter. Comment dire, c’est lourd sous un pommier.

    • Merci Jacques de ton commentaire. Dans une société comme la nôtre où il devient primordial, surtout pour les jeunes, de montrer son degré de « cool attitude », il semble qu’ils passent complètement à côté des réalités beaucoup moins alléchantes.
      Plus qu’une interdiction, il me semblerait nécessaire de sensibiliser les jeunes à l’effet de mode de ce type de défis et de la viralité des réseaux sociaux.

  4. je te rejoins sur ces dérives, il me semble que ces derniers temps les phénomènes de masse vont plus dans le mauvais sens que dans le bon. Meme si ceux-ci sont obligatoires quasiment dans la construction de soi, c’est le cote dangereux et debile qui remporte en ce moment ou « plus visible » . Il faut continuer à sensibiliser, renverser les tendances comme on l’aurait fait avant en interpellant un groupe de jeunes et leur disant « hey les gars, c dangereux ça!… » genre grand frere ou grande soeur, aujourd’hui à cause des réseaux sociaux le phénomène est amplifié, il faut donc trouver un porte-voix à la hauteur

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s