Ma journée sans Big Data – par Abdelhamid Niati

Souvenez-vous, il y a quelques jours et suite à mon article sur « Ma journée Big Data« , je lançais le défi de tenter de passer une journée entier sans alimenter la bête. Après Vincent, c’est maintenant au tour d’Abdelhamid de s’essayer à l’exercice. Je lui laisse donc la parole 😉

Chaque année ce sont ne pas moins de 633 millions de go octets qui ont été collectés depuis le 1er janvier 2018 jusqu’à ce jour.

A une certaine époque, nous remplissions un formulaire et nos données étaient collectées de la sorte.

Aujourd’hui, avec l’explosion du digital et des réseaux sociaux mais également depuis que les clients papillonnent de sites en sites, les données sont devenues le nouvel or noir. Cerner les habitudes et les goûts d’une personne est devenu une tâche très difficile.

Je donne mes données car je l’ai accepté mais je vais tenter de m’extraire du BIG DATA pour une journée seulement. Vais-je y arriver ? Suivez-moi !

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6 heures, mon réveil sonne ou plutôt mon iPhone posé sur ma table de nuit. Je dois le regarder très vite sinon il va m’indiquer le nombre d’heures passées à dormir et mesurer la qualité de mon sommeil.

Une heure plus tard vient le moment de sortir de chez moi et d’aller travailler. Doucement, je réfléchis et me souviens que depuis 2008, le Stif (renommé Ile De France Mobilités depuis) centralise toutes mes données pour améliorer les déplacements des franciliens.

RATP, transport en commun parisien, Nouveaux points de vente libre service de ticketsLe pass Navigo restera donc à la maison. Sans pass Navigo, pas de vélib… Je prends le vélo de mon frère pour la journée. Cycliste occasionnel, cette journée s’annonce pleine de sueur et assez douloureuse tant la distance à parcourir est importante. Pour couronner le tout je dois aller très vite pour arriver à l’heure.

 

Premier coup de pédale et me voilà lancé, je tiens mon rythme et dois composer avec les voitures lancées à vive allure, éviter leur souffle pour ne pas tomber.

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Près de chez moi une pente impressionnante se dresse et le premier défi de la journée est ici. Il faut aller vite pour garder l’équilibre et ne pas tomber. J’arrive au sommet et réduit l’allure pour reprendre mon souffle, le bus passe prêt de moi chargé de personnes confortablement assises et data émises. Arrêté à un feu, les automobilistes ont leur smartphone et GPS intégré qui les guident dans le trafic. J’ai cet avantage sur eux, le trafic n’existe pas sur ce vélo. Un bon point pour le no data. Je poursuis ma route avec un bel élan, très bel élan même et un radar intelligent m’indique ma vitesse. Je viens de perdre le point gagné précédemment. Me voilà arrivé. Je dois badger, sécurité oblige. La question qui me vient à l’esprit est la suivante : les données contenues dans mon badge restent elles dans l’entreprise ? (le prestataire chargé de la sécurité y a directement accès).

Je n’aurai pas la réponse tout de suite. Arrivé dans mon espace de travail, je dois me logguer pour accéder au réseau interne et à internet.  Là encore la même question se pose : ces données restent-elles dans l’entreprise ? (Une petite discussion avec le DSI s’impose). Une fois connecté, la consultation des mails est un de mes rituels matinaux. Lecture rapide puis sélection des mails importants. Je fais ensuite un petit tour dans mon Evernote car organisé il faut être quand on gère une partie du marketing. Vous avez bien lu Marketing.

Qui dit Marketing dit réseaux sociaux, dit digital. Le problème aujourd’hui est de passer une journée sans data. Je dois en fournir le moins possible et les CM vont faire l’essentiel.

Je recueille le travail des community managers et regarde l’ensemble du travail exécuté depuis hier, trafic du site web inclus. Le tout sans me connecter car je leur demande de me faire parvenir les données par mail prétextant un problème réseau (qui ne toucherait que ma personne AKA Pinocchio). Regardons ça de plus près, les KPI’s sont bons, les efforts portent leurs fruits mais comment faire pour tout suivre en temps réel quand on est perfectionniste et que notre travail est notre passion ?

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J’invente un autre stratagème en demandant un reporting toutes les 2 heures. A ce rythme, je devrais tenir une journée.  C’est la personne qui a impulsé toute la transformation digitale de cette entreprise qui l’écrit en plus. Je dois vous avouer que ma demande éveille curiosité et agacement. A ce moment précis, je suis le plus mauvais manager qui existe, celui que je n’ai jamais voulu être, celui que je refuse d’être car réduire des Community Managers à de simples exécutants est très insultant. Je dois esquiver le BIG DATA mais j’ai un cas de conscience. Je me rattraperai de la meilleure des manières qui soit (ma conscience fera de même). Une demi-journée s’écoule de la sorte, avec un management atypique.

Je dois assouvir ma faim et donc acheter un déjeuner digne de ce nom et ingérable rapidement car j’ai un appétit d’ogre mais un temps restreint (un des nombreux paradoxes qui jalonnent mon existence).
Manger suit l’acte d’achat, donc payer, donc laisser une trace de cet achat.

Comment faire moi qui ait fait du zéro papier un dogme ?

nfc cbPas le temps pour les palabres internes, je file au premier distributeur et retire de quoi régler mon repas. Repas fini payé avec des billets, une habitude que je n’ai plus car partisan du tout NFC, et du zéro papier ). En plus d’être partisan du tout NFC, je suis également partisan du tout, ou plutôt quasi tout digital. Cette journée promet d’être longue et de laisser des traces.

Déjeuné expédié, je retourne à ma supervision, et ne dois pas regarder mon téléphone pour y voir toutes les notifications. Le problème est là car ce téléphone est également un de mes outils de travail. Si un client tente de me joindre ou si j’ai un problème dans la famille, comment faire ? J’ai oublié de désactiver les notifications ! Non !!!!!!! Le stress de cette journée m’a trompé, moi l’homme qui prends le temps de tout faire avec soin, un perfectionniste de chez perfectionniste (bref un cauchemar quotidien qui tue le doute à coups d’heures de travail et d’hyper organisation).

La journée va se poursuivre mais me passer de me connecter est en train de me rendre fou car mon iPhone est un peu mon outil préféré. J’y consulte l’activité de mes pages Facebook, des comptes Instagram, y joue aux échecs et rédige dessus une partie de mes articles (FOMO or not FOMO … ?). Je prie pour  ne pas avoir de bad buzz sinon je serais dans l’obligation de sacrifier mes datas pour y mettre fin. Je termine cette journée en décidant de l’écourter et une fois de plus je badge sans savoir où mes données vont. Je dois reprendre ce vélo alors que je rêve de rentrer chez moi en VTC après une telle journée. C’est reparti pour des kilomètres d’asphalte sur 2 roues.

Epuisé, j’arrive enfin chez moi, prends une bouteille d’eau et m’affale sur le canapé, le temps de reprendre mon souffle avant de prendre une bonne douche.

Ai-je échoué, ai-je réussi ? À vous de me le dire…

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