Les 11-13 ans, public clandestin des réseaux sociaux

Instagram pour la visibilité, Snapchat pour échanger discrètement : les très jeunes ados se connectent loin des yeux de leur famille et deviennent des passagers invisibles d’Internet

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Normalement interdits d’accès aux réseaux sociaux, les moins de 13 ans y sont malgré tout très présents, grâce notamment à un accès de plus en plus précoce aux smartphones donnés par leurs parents. Ces utilisateurs invisibles qui n’apparaissent pas dans les statistiques des plateformes sont également devenus une source de perturbation pour les annonceurs qui doivent composer avec un public qu’ils ne cherchent pas à toucher, mais dont les comportements peuvent laisser présager l’avenir des usages.

Officiellement, ils ne sont pas là. En réalité, ils sont accros. Eux, ce sont les 11-13 ans, des jeunes qui légalement n’ont pas le droit d’utiliser les réseaux sociaux mais qui s’affranchissent allègrement de cette règle. Ils le font d’autant plus facilement que ce sont justement leurs parents qui leur offrent leur premier téléphone, souvent à leur entrée en 6e. Et contrairement à une époque bien révolue, il ne s’agit plus d’un Nokia 3210 mais de l’ancien smartphone d’un membre de la famille. Plus rien ne peut alors s’opposer à ce qu’ils accèdent à Facebook, Instagram ou Snapchat.

« Les parents n’ont pas pris conscience de ce phénomène, explique Cyril di Palma, directeur général de l’association Génération numérique. Le digital n’est pas un sujet d’éducation, ils nous répondent d’ailleurs souvent qu’ils n’y connaissent rien et que leurs “enfants savent mieux qu’eux” ». A eux de se forger leurs propres codes.

« La 6e, c’est le moment où on commence à accorder de l’importance à notre image, décrypte Arthur Kannas, cofondateur de l’agence de publicité Heaven, spécialiste du marketing social. Les jeunes vont donner une image d’eux à travers ce qu’ils vont liker et partager sur les réseaux sociaux. Une sorte de “je suis ce que je like” ». Parmi ce qu’ils aiment le plus : les contenus humoristiques, ceux autour du style et les sports extrêmes.

De Skyblog à Instagram. Davantage que Facebook, trop grand public, ce sont Instagram et Snapchat qui sont privilégiés par ces jeunes en quête de tranquillité. Deux endroits où leur vie privée peut être, paradoxalement, davantage respectée. Pas de nom, pas photo de profil, la possibilité de rendre son compte privé, tout est fait pour favoriser la tranquillité voire l’anonymat. « Ils utilisent Instagram pour la visibilité, pour s’exposer et, s’ils se lient d’amitié, donnent ensuite leur compte Snapchat pour s’en servir comme messagerie », ajoute Arthur Kannas. Ici pas de courses aux amis ou aux followers, mais des échanges avec un cercle restreint d’amis. Le publicitaire fait un parallèle qui ne parlera pas à ces « clandestins des réseaux sociaux » : Instagram serait le nouveau Skyblog et Snapchat le nouveau MSN.

Onze ans en arrière, une éternité à l’échelle du numérique. Début 2005, Skyblog compte 1 million d’abonnés ; ce sera dix fois plus, un an plus tard. « La France invente le premier réseau social où s’exposent les ados », se souvient Cyril di Palma. « C’était déjà la course à l’échalotte, à la popularité, au maximum de commentaires ». C’était avant l’émergence de Facebook et de tous ceux qui ont suivi. Les jeunes ont successivement fermé leur profil Skyblog et quitté MSN pour privilégier des plateformes mobile first.

En France, sur 8 millions d’utilisateurs de Snapchat, ils seraient 600 000 à avoir moins de 13 ans, révèle Heaven, soit 7 % des jeunes de moins de 13 ans. Entre 55 % et 60 % des 8-10 ans auraient accès aux réseaux sociaux, estime de son côté Génération numérique. Des chiffres conséquents qui ne sont pas sans poser problème aux annonceurs qui affluent sur ces applications avec l’espoir d’atteindre les millenials.

« D’une part, ils vont avoir dans leurs statistiques des gens qui polluent leurs chiffres et, d’autre part, cela les oblige à davantage de responsabilités dans leurs campagnes. Par exemple en faisant attention à ce qu’ils font dire à des youtubeurs », prévient Arthut Kannas. S’ils ne sont pas ciblés directement, ces jeunes usagers des réseaux sociaux savent déjà très bien s’éviter les intrusions publicitaires. Ainsi, 22 % d’entre eux disent utiliser sciemment un ad-blocker. En ajoutant ceux qui utilisent un ordinateur où les parents ont déjà installé un outil du même type, voici une génération naturellement hermétique à toute forme de publicité.

Parade publicitaire. Pour les annonceurs, il faut donc dès à présent trouver la parade. « Même si on s’est aperçu dans nos groupes de travail avec eux que les enfants ne sont pas dupes, grâce aux filtres qu’ils sponsorisent sur Snapchat, les annonceurs peuvent être davantage perçus comme des créateurs de contenus que de publicité », estime Arthur Kannas.

C’est par le contenu que les marques parviendront à s’agripper à ces réfractaires aux réclames à la papa. L’application Musical.ly pourrait bien incarner une de ces passerelles entre marques et très jeunes consommateurs. Son principe : créer son propre clip sur la chanson d’une de ses stars préférées. Parmi ses 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels, probablement beaucoup de moins de 13 ans, ce que préfère ignorer son co-créateur Alex Zhu : « Nous pourrions leur demander leur âge mais ils diraient de toute façon qu’ils ont plus de 13 ans, alors ça ne change rien pour nous. Nous devons juste nous assurer que l’environnement est protégé ». Mais pas protégé de certaines formes de publicité. Son dirigeant espère convaincre les labels de musique de s’associer à la plateforme ou, comme Snapchat, de faire sponsoriser des filtres.

« Cela semble gentillet mais c’est déjà une brèche dans leur vie privée », prévient Cyril di Palma. Qu’à défaut de combler, les parents devront tenter d’encadrer.

Source : http://www.lopinion.fr/edition/economie/11-13-ans-public-clandestin-reseaux-sociaux-116278

Dérives médias sociaux : le danger des défis

Véritables phénomènes de société depuis le début de l’année, les défis lancés sur les réseaux sociaux prennent toujours plus d’ampleur. Véritables dérives des jeunes en quête de popularité et de « cool attitude », ils engendrent avant tout des comportements dangereux entraînant des blessures grave et même des morts.   neknomination Le premier et non le moindre de ce type de défis aura été, on s’en souvient la fameuse neknomination. Un mouvement qui prend son origine début janvier en Australie, la page Facebook dédiée compte alors plus de 190 000 fans (si la page existe toujours, le nombre a considérablement baissé pour ne plus peser « que » 8 825 fans aujourd’hui). La neknomination s’est rapidement développée à l’international, de la Nouvelle-Zélande, puis en Europe (Grande Bretagne, Irlande et France). Le principe : se filmer en train de boire de l’alcool cul sec et désigner trois de ces « amis » pour les inciter à faire de même. Si le concept de base consiste à boire une « simple bière dans une position originale », il a rapidement été « amélioré », engendrant, non seulement une consommation excessive d’alcool et autres « ingrédients », l’incitation à la consommation d’alcool (certains des concepteurs allant ironiquement parler de modération) et conduisant à des pratiques dangereuses. Oui, car le principe reposant sur l’idée de « défier » ses amis, il incite donc immanquablement à une prise de risque toujours plus grande. Le constat : plusieurs morts recensés dans différents pays Parade : face à l’ampleur de ce phénomène, certaines initiatives ont vu le jour. En France, on retiendra celle d’un jeune Calaisien, Julien Voinson qui a lancé l’opération Smartnomination. Le concept : se filmer en train de réaliser une bonne action envers les plus démunis et inciter trois de ses amis à faire de même. Tout cela en moins de 24 heures…     A leau ou un resto « A l’eau ou un resto » : après la neknomination, voici un nouveau défi lancé à l’initiative de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai (2014). Le principe : il s’agit de se filmer se jetant dans l’eau froide et invitant trois de ses « amis » à faire de même. Celui qui échoue devant s’acquitter d’un resto. L’initiative a semble t-il été lancée par de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai 2014. Le constat : là encore, on dénote d’ores et déjà quelques incidents (un jeune homme a été grièvement blessé le 31 mai dernier). Il est d’ailleurs à déplorer que les créateurs de ce défi semblent insensibles aux risques possibles et se dégagent de toute responsabilité (description du groupe Facebook créé pour l’occasion : « Le défi consiste à sauter dans l’eau froide après avoir été nominé… Si le défi n’est pas réalisé dans les 48h, un resto doit être payé… Attention à ne pas prendre de risques inutiles et à faire cela uniquement pour s’amuser, s’éclater et surtout sans Danger. Chacun est responsable de ses actes. la page ne pourra être tenue responsable de tout débordements ou accidents. » Si l’ on peut déplorer le lancement de ce type de défis et leur ampleur sur les réseaux sociaux, ont néanmoins constater avec soulagement qu’ils restent encore mineurs. Néanmoins, il reste donc important de sensibiliser les plus jeunes aux dérives que peuvent entraîner ce genre d’initiatives et de ne pas se « contenter » d’être des moutons de Panurge en adoptant une attitude responsable. Reste là le côté obscur des réseaux sociaux qui peuvent inciter à penser que plus on est « populaire » et plus on a d’amis sur Facebook, plus la vie est belle ! On ne le répètera jamais assez : la notion d’ « amis » sur les réseaux sociaux ne reflète aucunement une vie sociale IRL (dans la réalité).

Fort heureusement, on constate un phénomène de « sensibilisations » faites en réponse à ces dérives (comme celle de la smartnomination) même si elles trouvent un écho moindre.   défi 30 jours

Enfin, et pour rester sur une note optimiste, on notera également l’émergence de défis plus sains comme le défi « 30 jours » lancé à la date du 1er juin par une massothérapeute et visant à renforcer ses abdominaux en faisant « la planche » (gainage) sur des temps de 20 secondes à 270 et au-delà. Et vous, qu’en pensez-vous ? 🙂

Les réseaux sociaux sont-ils un danger pour les adolescents ?

Si les réseaux sociaux, Facebook en tête, ont été largement adoptés par les adolescents, ceux-ci sont encore loin d’en maîtriser tous les aspects. Pour rappel, en octobre 2012, Amanda Todd, jeune américaine de 15 ans se suicide suite au harcèlement dont elle est victime sur internet puis sur Facebook. Autre cas plus récent, celui d’Hanna Smith, jeune anglaise de 14 ans, harcelée quant à elle sur le réseau social Ask.fm et retrouvée pendue par sa sœur le 2 août.

S’il est courant de condamner les réseaux sociaux en question et les dérives que ceux-ci entraînent, il s’agit là d’un faux débat. De tout temps et depuis qu’internet existe, nous assistons à ces dérives qui ne sont pas dues à un mauvais fonctionnement mais bien à une mauvaise utilisation voire un détournement des fonctionnalités de base.

 ados réseaux sociaux

Les adolescents sont une cible d’autant plus facile qu’ils ont encore une vision déformée des réseaux sociaux. Véritable phénomène de mode qui échappe encore aux parents, les réseaux sociaux sont un espace d’expression de prédilection pour ces jeunes. Plus qu’être populaire dans la vraie vie, les réseaux sociaux sont pour eux une opportunité supplémentaire de se mettre en avant (voire pour certains de se recréer une identité).
C’est pourquoi ils mettent en scène leur vie, affichant leurs joies, leurs peines, leurs photos/vidéos. Ils font la course à la popularité, avec pour objectifs d’attirer le maximum de commentaires, de « like », de réactions. N’hésitant pas à se dévoiler et à se mettre en danger. Ainsi, certains d’entre eux indiquent leur véritable identité, affichent leurs données personnelles (adresse, téléphone, date de naissance, écoles, etc.). Persuadés qu’ils contribuent ainsi à leur popularité, ils donnent un maximum de détails sur leur vie, s’affichent pour certains sans censure, pensant qu’ils sont protégés.
Il en est de même pour la notion d’« amis » sur le réseau social. Car s’il commence à tisser son premier réseau d’amis par ses véritables amis dans la vraie vie (IRL), le jeune finit par accepter de loin en loin les amis d’amis, puis de parfaits inconnus.

C’est ainsi que les adolescents offrent leur vie en pâture au moindre internaute ou presque. Et c’est là qu’ils courent un vrai danger car ils sont à la merci de tous.

Si les réseaux sociaux sont un danger pour les adolescents c’est aussi parce que les parents ne connaissent peu ou pas leur fonctionnement. Le plus souvent, ces derniers se « contentent » de faire confiance à leurs enfants, pensant qu’ils maîtrisent les risques et sont de toute façon beaucoup plus connaisseurs. Ce qui est un faux sentiment car si les générations présentes et futures sont effectivement de plus en plus familières des nouvelles technologies de manière générale, elles n’en maîtrisent pas pour autant tous les aspects.

En conclusion, plutôt que de boycotter les réseaux sociaux tels que le préconisent certains pays, mieux vaut apprendre à appréhender ces nouveaux moyens d’expression. Encore une fois, ce ne sont pas les réseaux sociaux en eux-mêmes qui sont dangereux mais l’utilisation qui en est faite. Cette étape de sensibilisation est plus qu’essentielle. Point que j’aborderai dans un prochain article.

En attendant, si vous souhaitez réagir, n’hésitez pas. Vos avis sont les bienvenus ! 🙂