De l’importance de vérifier qui sont vos « amis » sur Facebook

Faux profil FB

On ne cesse de le rabâcher à longueur d’articles, la notion d' »amis » sur Facebook est toute relative. Pour en avoir fait l’expérience personnellement, il est plus que facile d’être ami avec tout un chacun sur ce réseau (d’après mon « enquête », la grande majorité des membres de Facebook acceptent aisément une demande d’amis sans vérification particulière. Certains, plus méfiants (et c’est un bon début mais loin d’être suffisant !), vont tenter de comprendre l’objectif de cette demande. Mais avec les outils dont nous disposons aujourd’hui, il n’est pas très compliqué de trouver des points communs avec une personne que l’on ne connaît pas).

Je pourrais discourir longuement sur la façon dont on peut se faire passer pour un(e) autre sur Facebook mais loin de moi l’idée de partager de mauvaises pratiques. Bien au contraire, pour ceux qui ont l’habitude de lire mes articles, vous l’aurez compris, je prends très à coeur le sujet de la sensibilisation aux réseaux sociaux.

C’est suite à la lecture de l’article de Presse Citron « Facebook teste une fonctionnalité contre le vol de photos de profils » que j’ai décidé de prendre mon clavier pour rappeler quelques bonnes pratiques.

Les raisons de création de faux profils sont multiples : diffamation, tentative d’escroquerie, chantage, extorsions, pédophilie…

Rien ne vaut la preuve par l’exemple, je vous partage donc mon expérience dans ce domaine. En effet, j’ai moi-même été confrontée à un faux profil qui me demandait en « amie » sur mon compte Facebook. Ce réseau social me sert à la fois d’outil de travail et de vitrine professionnelle, je suis donc vigilante quant aux profils que je « recrute » en plus de mes « amis » existants.

Dans le cas qui nous concerne, il s’agissait donc d’un cas d’usurpation d’identité d’un profil professionnel piraté (et de tentative d’escroquerie mais je ne le savais pas encore). J’avais à la base accepté la demande d’amis car la personne présentait un parcours professionnel qui me semblait intéressant (j’avais pris la précaution de Googler l’identité de cette interlocutrice pour vérifier (valider) son parcours professionnel et de vérifier également son compte LinkedIn (et donc la pertinence d’accepter la « demande d’amis »).

Ce qui a éveillé mes soupçons ? L’approche via Messenger : « Salut , j’ai besoin de ton aide si tu veux ».

N’ayant pas eu de contact personnalisé, cette demande d’aide m’a paru fort curieuse. Mon côté investigatrice me poussant à aller jusqu’au bout de l’expérience, j’ai donc décider de « jouer le jeu » pour savoir jusqu’où cela pouvait mener. Voici donc la suite de notre conversation :

IC : « Hello *******, dis-moi
Faux profil : « je viens de bloquer mon tel’ si tu peux m’aider car aucun’ de mes proches n’est en ligne
IC : « Et via LinkedIn ? » – je précise ici que si je lui ai parlé de LinkedIn, il s’agissait bel et bien d’un premier test de ma part quant à la validation de mon interlocutrice. Partant également du principe que si elle avait un accès internet, elle pouvait utiliser un autre réseau social sur lequel elle avait des contacts.
Faux profil : « l’opérateur ma demander d’appeler le numéro de mon service pour avoir les codes déblocages mais j’ai pas d’autre tel pour le faire si tu m’aider stp ! »
IC : « Tout dépend de ce que tu veux » – oui j’avoue, j’ai un peu poussé la supercherie :-p

Etrangement, il n’y a pas eu de suite à ce dialogue de sourds. Mais j’étais maintenant sûre de mon fait, j’avais affaire à un faux profil. Poussant jusqu’au bout mon investigation (et aussi par jeu, je l’avoue), j’ai donc repris mes recherches pour entrer en contact avec la véritable propriétaire du compte Facebook. J’ai donc utilisé Google Image inversée (fort pratique dans les cas d’usurpation d’identité. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, cet outil permet de « sourcer » une image). J’ai ainsi retrouvé le véritable profil Facebook et suis entrée en contact avec elle afin de la prévenir de l’usage frauduleux de son identité. Ainsi que (pour le bonus), un lien vers tous les profils existants utilisant sa photo de profil.

Quand on sait qu’en 2016, Facebook estimait héberger 83 millions de faux comptes, vous avez donc de fortes chances de tomber dessus un jour ou l’autre ! Même si la plateforme a fait le ménage depuis, il en reste encore sans doute de nombreux… Vous avez donc bien compris l’intérêt de vous assurer de l’existence réelle de votre interlocuteur. Si l’exemple dont je fais mention est plutôt réservé à un usage professionnel, la problématique reste la même pour un usage personnel.

Au moindre doute, n’hésitez pas à :

  • checker la photo de profil à l’aide de Google Image inversée (il vous suffit d’enregistrer ladite photo puis de la charger dans l’outil) – s’il n’y a pas de photo, dans le doute, abstenez-vous !
  • faire une recherche sur Google avec l’identité du profil Facebook afin d’en savoir plus
  • checker les amis que vous avez en commun (si vous en avez). N’hésitez pas à demander à ceux-ci de valider l’identité de la personne si cela est possible.
  • parcourir les informations de profil (les éléments sont-ils renseignés ? sont-elles cohérentes ?
  • prendre connaissance du fil d’actualités : existe t-il depuis longtemps ? Remonte t-il suffisamment loin (plusieurs mois voire plusieurs années) ? Y a t-il des interactions avec d’autres personnes ?

Ces premières vérifications devraient vous permettre d’éviter la majorité des faux comptes. Je vous suggère alors de bloquer le profil mais également de le signaler auprès de Facebook.

Enfin, si j’aborde aujourd’hui le sujet des faux profils sur ce réseau social en particulier, sachez que cela concerne également les autres médias sociaux sur lesquels vous être présent(e) ou vous pourrez procéder de même.

Et vous, avez-vous déjà été confronté(e) à de faux profil(s) ? Comment les avez-vous détectés ? Quels sont vos « trucs et astuces ? 🙂

Les 11-13 ans, public clandestin des réseaux sociaux

Instagram pour la visibilité, Snapchat pour échanger discrètement : les très jeunes ados se connectent loin des yeux de leur famille et deviennent des passagers invisibles d’Internet

jeunes_reseaux_sociaux-sipa

Normalement interdits d’accès aux réseaux sociaux, les moins de 13 ans y sont malgré tout très présents, grâce notamment à un accès de plus en plus précoce aux smartphones donnés par leurs parents. Ces utilisateurs invisibles qui n’apparaissent pas dans les statistiques des plateformes sont également devenus une source de perturbation pour les annonceurs qui doivent composer avec un public qu’ils ne cherchent pas à toucher, mais dont les comportements peuvent laisser présager l’avenir des usages.

Officiellement, ils ne sont pas là. En réalité, ils sont accros. Eux, ce sont les 11-13 ans, des jeunes qui légalement n’ont pas le droit d’utiliser les réseaux sociaux mais qui s’affranchissent allègrement de cette règle. Ils le font d’autant plus facilement que ce sont justement leurs parents qui leur offrent leur premier téléphone, souvent à leur entrée en 6e. Et contrairement à une époque bien révolue, il ne s’agit plus d’un Nokia 3210 mais de l’ancien smartphone d’un membre de la famille. Plus rien ne peut alors s’opposer à ce qu’ils accèdent à Facebook, Instagram ou Snapchat.

« Les parents n’ont pas pris conscience de ce phénomène, explique Cyril di Palma, directeur général de l’association Génération numérique. Le digital n’est pas un sujet d’éducation, ils nous répondent d’ailleurs souvent qu’ils n’y connaissent rien et que leurs “enfants savent mieux qu’eux” ». A eux de se forger leurs propres codes.

« La 6e, c’est le moment où on commence à accorder de l’importance à notre image, décrypte Arthur Kannas, cofondateur de l’agence de publicité Heaven, spécialiste du marketing social. Les jeunes vont donner une image d’eux à travers ce qu’ils vont liker et partager sur les réseaux sociaux. Une sorte de “je suis ce que je like” ». Parmi ce qu’ils aiment le plus : les contenus humoristiques, ceux autour du style et les sports extrêmes.

De Skyblog à Instagram. Davantage que Facebook, trop grand public, ce sont Instagram et Snapchat qui sont privilégiés par ces jeunes en quête de tranquillité. Deux endroits où leur vie privée peut être, paradoxalement, davantage respectée. Pas de nom, pas photo de profil, la possibilité de rendre son compte privé, tout est fait pour favoriser la tranquillité voire l’anonymat. « Ils utilisent Instagram pour la visibilité, pour s’exposer et, s’ils se lient d’amitié, donnent ensuite leur compte Snapchat pour s’en servir comme messagerie », ajoute Arthur Kannas. Ici pas de courses aux amis ou aux followers, mais des échanges avec un cercle restreint d’amis. Le publicitaire fait un parallèle qui ne parlera pas à ces « clandestins des réseaux sociaux » : Instagram serait le nouveau Skyblog et Snapchat le nouveau MSN.

Onze ans en arrière, une éternité à l’échelle du numérique. Début 2005, Skyblog compte 1 million d’abonnés ; ce sera dix fois plus, un an plus tard. « La France invente le premier réseau social où s’exposent les ados », se souvient Cyril di Palma. « C’était déjà la course à l’échalotte, à la popularité, au maximum de commentaires ». C’était avant l’émergence de Facebook et de tous ceux qui ont suivi. Les jeunes ont successivement fermé leur profil Skyblog et quitté MSN pour privilégier des plateformes mobile first.

En France, sur 8 millions d’utilisateurs de Snapchat, ils seraient 600 000 à avoir moins de 13 ans, révèle Heaven, soit 7 % des jeunes de moins de 13 ans. Entre 55 % et 60 % des 8-10 ans auraient accès aux réseaux sociaux, estime de son côté Génération numérique. Des chiffres conséquents qui ne sont pas sans poser problème aux annonceurs qui affluent sur ces applications avec l’espoir d’atteindre les millenials.

« D’une part, ils vont avoir dans leurs statistiques des gens qui polluent leurs chiffres et, d’autre part, cela les oblige à davantage de responsabilités dans leurs campagnes. Par exemple en faisant attention à ce qu’ils font dire à des youtubeurs », prévient Arthut Kannas. S’ils ne sont pas ciblés directement, ces jeunes usagers des réseaux sociaux savent déjà très bien s’éviter les intrusions publicitaires. Ainsi, 22 % d’entre eux disent utiliser sciemment un ad-blocker. En ajoutant ceux qui utilisent un ordinateur où les parents ont déjà installé un outil du même type, voici une génération naturellement hermétique à toute forme de publicité.

Parade publicitaire. Pour les annonceurs, il faut donc dès à présent trouver la parade. « Même si on s’est aperçu dans nos groupes de travail avec eux que les enfants ne sont pas dupes, grâce aux filtres qu’ils sponsorisent sur Snapchat, les annonceurs peuvent être davantage perçus comme des créateurs de contenus que de publicité », estime Arthur Kannas.

C’est par le contenu que les marques parviendront à s’agripper à ces réfractaires aux réclames à la papa. L’application Musical.ly pourrait bien incarner une de ces passerelles entre marques et très jeunes consommateurs. Son principe : créer son propre clip sur la chanson d’une de ses stars préférées. Parmi ses 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels, probablement beaucoup de moins de 13 ans, ce que préfère ignorer son co-créateur Alex Zhu : « Nous pourrions leur demander leur âge mais ils diraient de toute façon qu’ils ont plus de 13 ans, alors ça ne change rien pour nous. Nous devons juste nous assurer que l’environnement est protégé ». Mais pas protégé de certaines formes de publicité. Son dirigeant espère convaincre les labels de musique de s’associer à la plateforme ou, comme Snapchat, de faire sponsoriser des filtres.

« Cela semble gentillet mais c’est déjà une brèche dans leur vie privée », prévient Cyril di Palma. Qu’à défaut de combler, les parents devront tenter d’encadrer.

Source : http://www.lopinion.fr/edition/economie/11-13-ans-public-clandestin-reseaux-sociaux-116278

La vidéo live (live streaming) en questions

livestreamingPlus que jamais d’actualité, les applications/fonctionnalités de vidéo live sont particulièrement décriées depuis, notamment le suicide en direct d’une jeune fille sur Periscope. Toutefois, l’application n’est pas la seule à être montrée du doigt. Facebook Live, Meerkat, Instagram, SnapChat et YouTube (avec Connect) sont également dans le viseur.

Dérives de la vidéo live

Dérives réseaux sociaux

A titre d’exemples, on peut notamment recenser quelques unes des dérives mises en évidence :

  • En janvier dernier, un prisonnier se filme en direct de sa cellule depuis la prison de Béziers (sans aucun doute un pied de nez à l’administration pénitentiaire) via Periscope
  • En mai, aux Etats-Unis, trois adolescents ont séché les cours pour aller filmer leur relation sexuelle sur Facebook Live
  • En début d’année, une américaine de 18 ans filme et diffuse le viol de son amie sur Periscope
  • En avril, deux jeunes de 15 et 16 ans ont diffusé, toujours sur Periscope, une vidéo dans laquelle ils frappent un passant

Si l’on parle beaucoup de Periscope du fait de son actualité récente, il est aussi bon de rappeler qu’en matière de vidéos (qui ne sont pas forcément en live) cette application n’a pas l’exclusivité. Ainsi SnapChat a également été décrié à l’occasion de vidéos, diffusées en janvier 2001, mettant en scène la maltraitance de personnes âgées par de jeunes stagiaires (précision : il ne s’agit pas là de vidéos en direct mais de vidéos éphémères).

Lire la suite

Dérives médias sociaux : le danger des défis

Véritables phénomènes de société depuis le début de l’année, les défis lancés sur les réseaux sociaux prennent toujours plus d’ampleur. Véritables dérives des jeunes en quête de popularité et de « cool attitude », ils engendrent avant tout des comportements dangereux entraînant des blessures grave et même des morts.   neknomination Le premier et non le moindre de ce type de défis aura été, on s’en souvient la fameuse neknomination. Un mouvement qui prend son origine début janvier en Australie, la page Facebook dédiée compte alors plus de 190 000 fans (si la page existe toujours, le nombre a considérablement baissé pour ne plus peser « que » 8 825 fans aujourd’hui). La neknomination s’est rapidement développée à l’international, de la Nouvelle-Zélande, puis en Europe (Grande Bretagne, Irlande et France). Le principe : se filmer en train de boire de l’alcool cul sec et désigner trois de ces « amis » pour les inciter à faire de même. Si le concept de base consiste à boire une « simple bière dans une position originale », il a rapidement été « amélioré », engendrant, non seulement une consommation excessive d’alcool et autres « ingrédients », l’incitation à la consommation d’alcool (certains des concepteurs allant ironiquement parler de modération) et conduisant à des pratiques dangereuses. Oui, car le principe reposant sur l’idée de « défier » ses amis, il incite donc immanquablement à une prise de risque toujours plus grande. Le constat : plusieurs morts recensés dans différents pays Parade : face à l’ampleur de ce phénomène, certaines initiatives ont vu le jour. En France, on retiendra celle d’un jeune Calaisien, Julien Voinson qui a lancé l’opération Smartnomination. Le concept : se filmer en train de réaliser une bonne action envers les plus démunis et inciter trois de ses amis à faire de même. Tout cela en moins de 24 heures…     A leau ou un resto « A l’eau ou un resto » : après la neknomination, voici un nouveau défi lancé à l’initiative de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai (2014). Le principe : il s’agit de se filmer se jetant dans l’eau froide et invitant trois de ses « amis » à faire de même. Celui qui échoue devant s’acquitter d’un resto. L’initiative a semble t-il été lancée par de jeunes Calaisiens sur Facebook début mai 2014. Le constat : là encore, on dénote d’ores et déjà quelques incidents (un jeune homme a été grièvement blessé le 31 mai dernier). Il est d’ailleurs à déplorer que les créateurs de ce défi semblent insensibles aux risques possibles et se dégagent de toute responsabilité (description du groupe Facebook créé pour l’occasion : « Le défi consiste à sauter dans l’eau froide après avoir été nominé… Si le défi n’est pas réalisé dans les 48h, un resto doit être payé… Attention à ne pas prendre de risques inutiles et à faire cela uniquement pour s’amuser, s’éclater et surtout sans Danger. Chacun est responsable de ses actes. la page ne pourra être tenue responsable de tout débordements ou accidents. » Si l’ on peut déplorer le lancement de ce type de défis et leur ampleur sur les réseaux sociaux, ont néanmoins constater avec soulagement qu’ils restent encore mineurs. Néanmoins, il reste donc important de sensibiliser les plus jeunes aux dérives que peuvent entraîner ce genre d’initiatives et de ne pas se « contenter » d’être des moutons de Panurge en adoptant une attitude responsable. Reste là le côté obscur des réseaux sociaux qui peuvent inciter à penser que plus on est « populaire » et plus on a d’amis sur Facebook, plus la vie est belle ! On ne le répètera jamais assez : la notion d’ « amis » sur les réseaux sociaux ne reflète aucunement une vie sociale IRL (dans la réalité).

Fort heureusement, on constate un phénomène de « sensibilisations » faites en réponse à ces dérives (comme celle de la smartnomination) même si elles trouvent un écho moindre.   défi 30 jours

Enfin, et pour rester sur une note optimiste, on notera également l’émergence de défis plus sains comme le défi « 30 jours » lancé à la date du 1er juin par une massothérapeute et visant à renforcer ses abdominaux en faisant « la planche » (gainage) sur des temps de 20 secondes à 270 et au-delà. Et vous, qu’en pensez-vous ? 🙂