Ma journée sans Big Data – par Vincent Barberot

Dans la continuité de mon dernier article « Ma journée Big Data » et du défi lancé d’essayer de passer une journée entière sans alimenter aucunement la bête, Vincent Barberot a joué le jeu. Il vous donne sa réponse à la question « est-ce possible ? ». Je lui laisse la parole…

A/ Mythe ou réalité ? De quoi l’on parle ?

Réponse courte : mythe, car je n’ai pas réussi. Une fois que l’on a dit cela, nous n’avons rien dit en fait. Peut-on le définir concrètement ?

L’expression en elle-même est fausse, car la donnée n’a jamais été « big« , ne l’est pas et ne le sera jamais. La donnée est un atome dans le système d’informations de l’entreprise ou dans le Web.

Par contre, ce qui est « big« , c’est l’usage de la donnée, c’est le mode de captation, ce sont les lieux de captation et la liste est « big«  justement.

De ce fait, une journée sans Big Data serait une journée déconnectée (de tout et pas seulement des médias sociaux). J’ai donc fait la liste des objets connectés que j’utilise, elle n’est pas « big«  : ordinateur, smartphone, carte de crédit, carte vitale et compteur Linky.

Je peux supprimer la carte vitale : jamais malade et carte non mise à jour suite au renouvellement de ma mutuelle. Je peux supprimer l’ordinateur, j’ai fait cet été une semaine sans lui. Je peux supprimer aussi la carte de crédit, je n’ai vraiment pas besoin de faire des achats tous les jours, ni de retraits.

Sur les 5 objets, 3 ont déjà été supprimés. Je n’ai pas de montre ou du moins, je n’ai pas remis de pile depuis des années, j’utilise mon smartphone qui me sert de réveil. Je dirai même que c’est sa fonction principale, donc je suis bel et bien connecté toute la journée et toute la nuit avec un simple objet. Ma lumière, donc mon électricité et mon eau chaude, passe par mon compteur Linky donc je ne peux pas le supprimer non plus.

Une journée sans Big Data est donc un mythe face à l’être interconnecté que nous sommes devenu, consciemment ou inconsciemment. L’intérêt est de s’interroger sur ce que l’on veut pour nous : tous au Larzac ? Avec la démission récente du Ministre de l’Ecologie, les différents projets de vie non connectés ont refait surface.


B/ Ma journée « sans bigdata »

La journée « sans Big Data » a autant de sens que la journée de la femme, la journée de la paix, … la liste est longue. Il y a une journée pour tout, ce qui supprime le sens de cette même journée. C’est aussi montrer que le reste du temps, nous n’y pensons pas, donc c’est avouer notre échec. Justement, comme je l’ai précisé dans la partie précédente, une journée « sans Big Data » n’est pas possible. 

En tout cas la mienne, c’est limitée à mon compteur Linky. Pour faire mes courses, j’ai utilisé la monnaie que j’avais tout en utilisant les caisses automatiques. C‘est comme cela que j’ai découvert qu’il y en avait une deuxième sur les six qui acceptait le paiement en espèces, les autres étant dédiées au paiement par carte bancaire. Il se trouve justement que l’intervention humaine a été nécessaire : les pièces passaient mais n’étaient pas déduites du montant dû. Il se trouve que ce jour-là, le montant était le montant exact que j’avais dans mon porte-monnaie.

Au lieu d’être toute la journée devant l’ordinateur, j’ai fait le choix de ranger mon studio, choix que j’avais reporté de nombreuses fois avant cela. C’est là où je me suis rendu compte du parallèle que l’on pouvait faire entre une pièce non rangée et le Big Data : c’est le même problème, on ne s’y retrouve plus. Symbole de tout cela : une vielle montre retrouvée, dont la pile est usée et que je n’avais pas encore changée.

Je suis allé faire un footing, sans montre connectée ou appli sportive, et cela m’a rappelé que le rythme biologique, n’est pas le rythme numérique. En fait le second doit respecter le premier si nous ne voulons pas être en burnout numérique. Le problème du Big Data est que la croissance des données est exponentielle alors que la nôtre est arithmétique. L’économie numérique avec son hyper croissance progresse exponentiellement, l’économie traditionnelle progresse arithmétiquement.

C/ Big Data et dépendance : ma drogue

Une journée sans Big Data, c’est reconnaître une dépendance, tout comme on peut être dépendant de la drogue, du tabac ou de l’alcool. La journée de la Femme, c’est reconnaître qu’on l’oublie tous les autres jours. On ne peut pas faire une journée sans femme, l’homme serait perdu, on voit bien qui dépend de qui. La dépendance du Big Data a pour client l’économie numérique, qui a basé son hypercroissance sur la publicité. Et donc sur les données de l’utilisateur. La gratuité du produit/service entraîne l’utilisateur dans sa dépendance (et le transforme ainsi en fournisseur). L’utilisateur devient donc accro et éprouve de plus en plus le besoin de faire des cures de désintoxication. L’utilisateur devient ainsi dépendant du système qu’il condamne lui-même : la publicité. Comme nous pouvons donc le voir, 1984 est devenu une réalité et ce n’est pas fini : la réalité peut dépasser la fiction.

 

 

D/ Historique du dealer « Big Data »

Le drogué, c’est donc l’économie entière avec dans le rôle du trafiquant, nous-même. La première étape, la financiarisation de l’économie dès 1945 et le nouvel ordre mondial qui s’est créé avec comme symbole Bretton Woods. La seconde étape, la numérisation de l’économie dès les premières années de l’informatique, aux environs de 1985. La troisième étape va bientôt arriver, on peut la fixer à 2025, c’est l’automatisation de l’économie avec l’intelligence artificielle. Je ne suis pas un anti-finance, un anti-informatique ou un anti-intelligence artificielle. 

Le problème ne vient pas de l’outil, il vient de son usage. Surtout que leur développement s’est fait en silo, sans connexion avec le reste de l’économie. Tous les trois se sont développés en captant toutes les données. L’hypercroissance de l’économie numérique assèche le financement de l’économie traditionnelle. C‘est d’autant plus vrai que l’introduction en Bourse est le salut de l’économie numérique et donc accentue la financiarisation au profit de l’économie numérique. L’intelligence artificiellement issue de l’économie numérique va amplifier encore le phénomène, cela va donc donner une auto-interdépendance entre les 3, au détriment de tout le reste.

Quand on greffe un cœur artificiel, c’est pour remplacer le cœur d’origine. Donc l’intelligence artificielle a pour objectif de remplacer notre propre intelligence. Pourquoi ? Elle est malade ? Le Big Data alimente l’intelligence artificielle, car elle doit tout réapprendre pour être efficace. L’intelligence artificielle doit réapprendre de nos trois cerveaux : boîte crânienne (cerveau humain, la pensée), les intestins (cerveau du corps), la Nature (cerveau spirituel, l’esprit).

Quand on parle d’intelligence artificielle, on pense aussi à la « smart city » qui est une ville connectée.En plus des objets connectés qui la composent, les humains connectés y contribuent aussi (grâce à la cybernétique et donc au Big Data, fournisseur officiel de la drogue data). Mais pour quels usages réels dans nos vies hyperconnectées ?

 

Qui est Vincent ?

« Attiré assez tôt par l’entreprise, j’ai fait le choix d’un baccalauréat Sciences Economiques et Sociales pour comprendre le monde, suivi d’une formation commerciale, bien qu‘ayant déjà un intérêt grandissant pour l’informatique, autre moyen de comprendre le monde. Cette approche me permet d’avoir une vision globale et de proposer des solutions tout aussi globales, grâce aux données qui font la synthèse de l’ensemble au niveau macro-économique et micro-économique. »
Retrouvez-le sur LinkedIn

 

Qui sera le(a) prochain(e) à relever le défi de passer une journée entière sans contribuer au Big Data ? 😉

 

Ma journée Big Data…

Une journée « Big Data »…

Suite à la lecture de différents livres sur le sujet du Big Data (dont le dernier en date « Tout le monde ment… (et vous aussi !) Internet et le Big Data : ce que nos recherches Google disent vraiment de nous » mais également « L’Homme nu », j’ai eu l’envie de raconter une journée type de mon quotidien en y relevant toutes mes contributions volontaires ou non au Big Data.

Livres Big Data

Mais le Big Data, c’est quoi ?

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Pourquoi ? Simplement pour montrer que nous transmettons à longueur de journée des informations personnelles. Que ce soit de manière intentionnelle ou non d’ailleurs… Quoiqu’il en soit, c’est aussi une manière pour moi de sensibiliser à cette notion de Big Data qui reste encore trop abstraite pour certains. Je vais donc essayer de lister, sur une journée (une journée lambda, c’est-à-dire pas une journée de travail pour que le plus grand nombre s’y reconnaisse), le nombre (et par définition l’importance) de données que je transmets au « monstre ». Et je ne peux m’empêcher ici, de penser encore à l’une de mes lectures récentes : Monstres 2.0 (qui traite plus spécifiquement des médias sociaux et donc aussi la bête Big Data).

Résumé monstres 2.0

Premier réflexe, dès mon réveil le matin, je me saisis de mon smartphone pour savoir ce qui s’est passé pendant la nuit (oui, je souffre du symptôme du FOMO (Fear Of Missing Out) en plus…

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Bon, je dois vous préciser que la plupart du temps, j’essaye de l’éteindre le soir. Mais les habitudes ont parfois la vie dure… Donc, déjà j’indique que j’ai bien dormi chez moi (en tout cas alentour) grâce à la géolocalisation. Je vous vois venir… : « oui, forcément, elle a du l’activer ». Et bien non, justement. J’essaye de toujours faire attention à ne jamais activer cette option. Mais… car oui, il y a un mais…. rien n’empêche les antennes relais de vous localiser !

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C’est ce que l’on appelle la triangulation (c’est un croisement des données obtenues, à partir de trois antennes relais utilisées, lorsque le portable se déplace. La localisation s’effectue en environ 5s.) Pour vous donner un ordre d’idée, je vous invite à consulter les données officielles de l’Agence Nationale des Fréquences gère l’ensemble des fréquences radioélectriques en France : https://www.anfr.fr/gestion-des-frequences-sites/lobservatoire/lobservatoire-en-carte2/

On sait donc que j’ai passé la nuit chez moi.

J’indique également tout ce avec quoi j’interagis : en vrac, les jeux auxquels je joue, les réseaux sociaux que j’utilise, mes recherches sur le net, mes sms, mails, interactions, mes conversations téléphoniques (pas forcément la teneur quoique… mais a minima : mon temps de communication, mon interlocuteur, s’il est récurrent, si c’est moi qui passe l’appel ou si je le reçois, l’heure à laquelle a lieu cet appel…), les applications que j’utilise. Je n’entre volontairement pas trop dans le détail car c’est un livre que je devrais alors écrire 😁 Mais ça vous donne déjà un bon aperçu de tout ce que je transmets grâce (à cause de mon smartphone).

Ah oui, et outre le fait de contribuer à l’insu de mon plein gré au Big Data, les smartphones (dernière mise à jour de l’iOS en qui me concerne), je suis informée en détail de mon activité. Les réseaux sociaux commencent aussi à le faire (Facebook avec sa nouvelle option notamment) sous couvert de nous aider à optimiser notre consommation et donc à avoir une connexion utile.

Ensuite, je synchronise mon « bracelet santé » qui m’indique à moi et à d’autres d’autres (auteurs de l’application et donc la marque de mon bracelet), mon temps de sommeil ainsi que la durée des phases (endormissement, sommeil léger et sommeil profond). Et comme je le porte aussi toute la journée pour calculer mon activité physique, je transmets aussi toutes ces précieuses données : combien de temps je marche, je fais du sport, combien de calories je perds, etc.

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Et voici un lien qui vous en détaille toutes les spécificités : https://www.decathlon.fr/bracelet-connecte-oncoach-100-id_8376345.html

Je décide de sortir et d’aller dans un centre commercial. Pour peu que j’ai acheté des tickets de métro ou utilisé mon Pass Navigo, on peut facilement connaître mon itinéraire (mais on a vu que cette donnée existait déjà grâce à mon portable qui est allumé tout au long de la journée). Vu que j’ai acheté des tickets encore une fois grâce à ma CB, on sait donc quand j’ai acheté ces billets et à quel moment je vais les utiliser (car je suppose qu’évidemment il y a un moyen de savoir quel ticket a été utilisé pour approximativement pour quel trajet). Mais cela indique aussi, grâce à la géolocalisation et/où la triangulation, aux magasins qui sont à proximité que je suis dans le coin. Ils peuvent ainsi, s’ils ont mes coordonnées (grâce à mes achats antérieurs, inscription à une newsletter, recoupement de mes goûts suite à mes achats, etc.) m’envoyer des messages via application ou sms : opérations spéciales, promotions, etc.

Comme je suis une publivore assumée, je vais donc souvent à la Fnac. Toujours grâce à la géolocalisation, j’indique donc à quel magasin je me rends, je fais mon petit tour et sélectionne quelques livres qui m’intéressent. Bien sûr, je paye avec ma CB et ma carte fidélité (qui me permet d’avoir des réductions, la Fnac bénéficie donc d’un historique de mes achats) et du coup, on peut en déduire ma fréquence d’achats, le genre de livres que je lis, etc.

Ensuite, je m’octroie un petit Starbucks pour travailler un peu sur ma tablette depuis un fauteuil confortable. Là encore, je paye avec ma CB, on connaît donc ma commande et sans doute quel est mon rythme de commandes. Si on posse le détail, on peut même savoir si j’ai fourni mon « récipient” pour ma boisson. J’attrape le réseau wifi pour économiser mon forfait. On sait dans quelle zone du centre commercial je suis car plusieurs enseignes me permettent de mon connecter selon ma proximité. Ce qui d’ailleurs amusant c’est que je me retrouve en général avec deux connexion différentes sur mon smartphone et sur ma tablette. Et j’indique la encore tout ce que je fais… Et rien qu’à la croisée des deux Wifi, on retrouve aisément l’endroit où je suis.

Je pourrais continuer ainsi sur la totalité mais cela risque de rendre cet article rébarbatif et ce n’est pas le but. Mais vous avez compris le principe 😉. Qu’on en ai conscience ou non, nous alimentons en quantité non négligeable le Big Data !

S’il vous fallait un exemple de plus, voici un lien vers un article datant de 2017 et traitant du même sujet.

Alors, je vous propose un défi : saurez-vous passer une journée entière sans jamais alimenter la bête ? 😊

Attention à vos actes sur les médias sociaux !

Image Les exemples sont de plus en plus nombreux sur les médias sociaux, licenciement, attaques pour diffamation, suppression d’émissions (dernier en date avec Julien Courbet : http://www.degroupnews.com/actualite/n8457-troll-france_televisions-julien_courbet-twitter-web_20.html), etc.Faites attention à ce que vous dites et exprimez sur les réseaux sociaux !

Premièrement, avant de vous inscrire, sachez si vous souhaitez exposer votre vie personnelle ou créer votre vitrine professionnelle et tenez vous-y ! En effet, il est fortement déconseillé de mélanger les deux univers car cela peut vous amener à divers dérapages qui peuvent coûter cher…

Vous voulez être présent à titre personnel ? Quelques précautions sont à prendre.
Le plus souvent vous irez sur Facebook ou sur Google+. Attention aux informations que vous fournissez. Elles vous semblent au premier abord privées mais sachez que ces informations si elles sont divulguées, seront partagées à un moment ou à un autre. Vous n’êtes pas sur un espace propriétaire ou sur votre journal intime !
Mon petit conseil ? Partez du principe que tout ce que vous publiez appartient à Facebook ou Google. Gérez vos paramètres de confidentialité et tenez vous régulièrement informés des modifications. Ne mélangez pas vos « amis » avec vos collègues de travail.
Internet n’oublie pas donc pensez à ce que donneront vos photos, commentaires etc. dans quelques années, ne seront-ils pas compromettants ? On n’y pense malheureusement pas toujours.

Vous voulez être présent à titre professionnel ? Tout d’abord, essayez de faire en sorte que vos deux profils (pro et perso) ne se recoupent pas, car vous ne communiquerez pas de la même façon envers un futur employeur, qu’envers un ami ou un membre de votre famille.
Là encore, pensez à vos paramètres de confidentialité, à vote ligne éditoriale (de conduite), à ce que vous souhaitez présenter. Que ce soit sur Facebook, Viadeo, LinkedIn, ou sur des réseaux plus spécialisés comme Digikaa ou Open2Leads.
Vous y présenterez davantage votre parcours professionnel, vos goûts s’ils ont un rapport avec votre métier, pourrez vous constituer un réseau professionnel (il ne s’agit pas là de vous faire des amis mais de vous créer des opportunités !!!).

Quoiqu’il en soit, faites bien attention à ce que vous publiez sur les médias sociaux. Cela laisse des traces pas toujours positives et peuvent vous nuire. N’oubliez pas que même si vous parlez en votre nom mais que vous vous êtes clairement identifié(e) comme un salarié d’une entreprise ou représentant d’une marque, vous l’engagez également !

Pensez-y avant de vous jeter sur votre clavier ou de vous laisser emporter par un coup de nerfs ! A bon entendeur… 😉

Etude : l’évolution du partage des données personnelles sur Facebook

Sur Internet, le constat est clair : les données personnelles constituent un véritable produit de plus en plus partagé par les internautes. Il est aujourd’hui devenu impossible de naviguer sur le web sans laisser de trace.

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