Avec Pulse, valorisez votre expertise sur LinkedIn !

On ne présente plus Pulse, racheté par LinkedIn en avril 2013. Si certains ont déjà compris l’intérêt de l’outil, d’autres n’en sont encore qu’aux balbutiements.

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D’abord réservé à une élite (influenceurs), Pulse est devenu LE moyen de mettre en avant et de valoriser son expertise par des articles de fond (par opposition aux articles courts ou « updates »). Si cette nouvelle fonctionnalité a enchanté les experts métiers, il semble qu’elle ne soit pas encore tout à fait maîtrisée par la plupart des membres de LinkedIn.

Après un état des lieux des publications, voici les conclusions auxquelles je suis arrivée sous forme de questions/réponses :

Rédiger un article

Les posts longs obligent parfois à faire du « duplicate content » (les spécialistes du SEO apprécieront 😉 ), lorsque l’on est blogueur. Est-ce vraiment utile ?

Oui car les publics (cibles) sont différents et cela peut donc influer sur le nombre de vues de votre article et vous aider, par là même, à engranger de nouveaux followers sur votre blog. J’ai moi-même pu le constater au travers de mon récent article sur la stratégie social media de l’Equipe qui a atteint plus de 2 300 vues loin devant le nombre de vues du même article sur mon blog cette fois-ci. Evidemment, l’idéal est de publier un contenu unique et pertinent mais faute de temps, la question méritait d’être posée…
Mon conseil : la diffusion d’url, d’extrait d’article, de contenus promotionnels, d’offres/demandes d’emploi, etc. est clairement à proscrire ! Mettez-vous à la place de votre audience : auriez-vous envie d’en savoir plus ? Choisissez soigneusement le titre votre titre (bref, percutant, pensez également SEO/SMO !), publiez l’intégralité de votre article et invitez les membres de votre audience à vous suivre sur votre blog pour se tenir au courant de vos prochains articles ! Mieux encore, si vous rédigez une série d’articles, pensez à faire le lien entre eux. Autrement dit : guidez votre lecteur(trice) ! Cela permettra d’optimiser et augmenter le nombre de vues sur une même thématique !

Essayons de comprendre la portée d’un article sur Pulse… 

Portée publications

Comme nous venons de le voir, vos premiers lecteurs sont constitués de votre cercle de relations. Ainsi, pour reprendre mon exemple, le nombre de mes relations (relations directes mais également followers qui me suivent mais avec lesquels je ne suis pas en contact direct) s’élève à 2 647 à ce jour. Voici donc le 1er niveau.
En outre, 3 personnes ont commenté l’article. Ces deux personnes ont respectivement 742, 398 et 2 440 relations. Et qui commente un article, augmente logiquement son nombre potentiel de vues (via notifications à ses propres contacts) ! Si l’on comptabilise en plus, les relations des 76 personnes ayant « liké » la publication, le nombre de vues augmente d’autant !
Ce qui constitue le 2nd niveau. Je vous épargne le nombre de relations de chaque membre qui a « liké » mais vous avez compris le concept.
Le 3ème niveau de lecture sera lui concerné par les partages de vos publications. En effet, chaque lecteur qui le partage en notifie donc directement sa communauté. Il peut également, à son tour, récolter des likes, des commentaires et des partages !
Mon conseil : gardez toujours un oeil ouvert sur vos publications et suivez ce qui se passe ! Surveillez les commentaires et essayez d’y répondre au mieux et dans un délai raisonnable (plus vous y répondrez de façon précise et rapide, plus vous montrez votre réactivité et l’intérêt porté à ses auteurs). Si votre article est partagé, remerciez par exemple la personne qui en a pris l’initiative, suivez les éventuels commentaires (ou repartages !). Vous pourriez même prendre de nouveaux contacts, qui sait ? 🙂

Y a t-il d’autres éléments à prendre en compte pour augmenter la portée de votre article ?

Oui ! Sachez que si votre article est suffisamment pertinent (analyste, parti pris…), LinkedIn favorisera sa mise en avant ! Vous recevrez alors cette notification :

Mise en avant Pulse

Mon conseil : sortez vos jumelles et inspirez-vous, dans un premier temps, des articles qui fonctionnent ! Pour la France, je vous invite à visiter les publications des membres sur : https://www.linkedin.com/pulse/channel/france. 🙂

Sortez vos jumelles !

L’utilisation des tags est-elle pertinente ? Permettent-ils d’accroître la visibilité d’un article ?

Si les tags ont en réalité peu de portée sur votre nombre de vues, soyez pro et utilisez-les (vous êtes un expert !).
Mon conseil : l’utilisation des tags peut également permettre à des membres LinkedIn de catégoriser votre(vos) article(s), surtout si vous en publiez souvent et en quantité.

S’il n’y avait qu’une leçon à retenir, laquelle serait-elle ?

Voilà une règle d’or pour finir en beauté : soyez attentif à la portée de vos publications. S’il y a corrélation entre vos objectifs (cible) de départ et les statistiques de vos articles, alors bingo ! Sinon, prenez la peine d’analyser votre audience par rapport à votre audience cible et affinez. En clair appliquez le principe du « test and learn » !
Pour reprendre l’exemple de mon article, voici la répartition de ses lecteurs :

Statistiques de publications

Audience

Mon conseil : vous avez publié votre article ? Félicitations, mais ne restez pas sur vos acquis ! Restez attentifs aux interactions qu’il suscite et restez acteur de ce qui se passe (c’est l’essence même d’un réseau social et cela prouve, au demeurant, que vous êtes réactif et pleinement investi dans vos propos) : like, partages, commentaires, nombre de vues, audience voulue, audience touchée, etc. 

Et voilà autant de conseils pour vous aider à valoriser votre expertise, bref à prendre votre place ! Cela peut déboucher sur des échanges très enrichissants aussi bien pour vous que pour votre lectorat 🙂

D’autres suggestions ? N’hésitez pas à m’en faire part pour enrichir cet article au besoin !

Facebook pour les pros, amorcez-le virage !

En bêta test depuis janvier 2015 auprès de 300 entreprises dans le monde, (Facebook@Work) Workplace est en passe de devenir le nouveau réseau social d’entreprise. A l’instar d’un Yammer ou d’un Slack, (Facebook@Work) Workplace présente nombre d’avantages dont le plus important : l’environnement bien connu de… Facebook !

Facebook@Work

En effet, Facebook affiche au compteur 1,5 milliards d’utilisateurs dans le monde, dont 28 millions en France soit près d’1 français sur 2 ! Il paraissait donc évident que Facebook, sans cesse à la recherche de nouveaux usages, se tourne vers une extension ((Facebook@Work) Workplace) à destination des professionnels (collaborateurs d’une entreprise).

Je ne m’étendrai pas davantage sur les spécificités de (Facebook@Work) Workplace que je n’ai pas (encore) eu l’opportunité de tester. Toutefois, au travers de mes échanges avec Century 21 et My Little Paris, j’ai pu en avoir un bref aperçu. Si elles sont sensiblement les mêmes que sur le Facebook  « classique », elles ne pourraient être, en toute logique, que plus facile à prendre en main et à déployer.

Comme j’ai pu le souligner dans mon article consacré à Century 21, certaines entreprises ont d’ores et déjà adopté une logique RSE au sein de Facebook, en échangeant notamment au sein d’un groupe privé (mais visible).

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Exemple de Century 21 fonctionnant en mode « groupe fermé »

Ce qui permet de connaître l’appétence d’entreprises n’étant pas encore utilisatrices. Sans doute l’un des nombreux critères de « recrutement » de Facebook pour ses bêta testeurs…

Pour vous permettre d’appréhender au mieux l’écosystème de (Facebook@Work) Workplace, voici en exclusivité un screenshot de la plateforme telle qu’elle est utilisée par My Little Paris (que je remercie une nouvelle fois pour sa contribution !) et que j’ai commentée pour plus de compréhension :

Visuel FB@Work My Little Paris

Comme vous pouvez le constater, (Facebook@Work) Workplace est donc sensiblement comparable à Facebook. Toutefois, je voudrai souligner un détail qui vous a peut-être échappé…

Voici un indice pour vous mettre sur la voie…
Double profil

Vous y êtes ? 🙂

Et oui ! De nombreux articles ayant traité de (Facebook@Work) Workplace ont pris soin de le préciser : pour l’utiliser, vous devez avoir un profil professionnel (lié à votre mail professionnel s’entend).

Vous avez sans doute compris où je voulais en venir… Non ? J’y arrive…

J’ai souvent eu ce débat avec mes confrères Community Managers : faut-il avoir un seul et unique profil Facebook ? Privilégier deux profils (un pour le perso et l’autre pour le pro ?). Je vous épargne les interminables échanges qui en découlent mais pour éclairer notre lanterne, référons-nous aux conditions générales d’utilisation de… Facebook.

A propos de la création de plusieurs comptes Facebook : » Facebook est une communauté dans laquelle les gens communiquent en utilisant leur identité authentique. La possession de plus d’un compte personnel va à l’encontre des Standards de la communauté Facebook. ». Le message est clair…

Soit ! Toutefois et toujours d’après Facebook((@Work) Workplace cette fois) : « (Facebook at Work) Workplace vous permet de créer un compte professionnel qui est distinct de votre compte Facebook personnel. Avec un compte (Facebook at Work) Workplace, vous pouvez utiliser des outils Facebook pour interagir avec vos collègues. Ce que vous partagez avec votre compte professionnel n’est visible que par les autres personnes de votre entreprise. »

Ainsi donc, si votre entreprise utilise (Facebook@Work) Workplace, vous pouvez donc avoir 2 profils : un personnel et un professionnel !

Toutefois, (Facebook@Work) Workplace ajoute une nuance : « Pour que vous puissiez configurer un compte professionnel, votre entreprise doit utiliser (Facebook at Work) Workplace« . Facebook précise encore : »Si vous souhaitez créer un compte professionnel alors que votre employeur n’utilise pas (Facebook at Work) Workplace, n’hésitez pas à nous en informer afin que nous vous envoyions des informations complémentaires. » et vous donne accès à un formulaire à compléter. Sans doute cela permet-il à Facebook d’appuyer son offre de déploiement chez l’annonceur.

Mobilité interne

Afin d’optimiser ce profil professionnel, je vous conseille fortement de le développer et de ne pas vous contenter d’avoir un profil « blanc » (c’est-à-dire sans aucune information). En effet, dans le cadre d’une mobilité interne, vous pourriez tout à fait être approché via ce canal. D’où ma question : les RH vont-elles intégrer cette approche dans leur recrutement (en mobilité interne toujours) ? Quoiqu’il en soit, travaillez votre profil, renseignez un maximum vos informations, faites de la veille et afficher les résultats pertinents, bref, donnez-lui vie ! Sans pour autant y mettre l’intégralité de votre curriculum vitae, donnez les informations clés sur vos postes occupés dans l’entreprise, vos missions, vos souhaits d’évolution (pourquoi pas ?) au sein de la structure.

Quelles conclusions en tirer ? Si la position officielle de Facebook reste pour l’instant la même, l’arrivée de Facebook@Work ouvre la porte à deux profils : l’un personnel, l’autre professionnel. Est-ce à dire qu’à l’avenir Facebook changera officiellement de position pour permettre même à ceux dont l’entreprise n’est pas sur Facebook@Work d’avoir deux profils ? Doit-on tenir pour acquis ce que certains avancent ? Que Facebook@Work se positionne clairement comme un concurrent de taille par à un LinkedIn ? La question mérite d’être posée…
Et vous, qu’en pensez-vous ? 🙂

 

Twitter, ce que vous devez savoir… pour votre business

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La sortie du livre « Tout savoir sur… Twitter – C’est bon pour le business ! » écrit par Camille Jourdain aux éditions Kawa a été l’occasion d’explorer avec lui l’univers de ce média social.

Que vous soyez débutant ou plus chevronné, ce livre saura vous guider sur les bonnes pratiques à employer pour être performant sur Twitter. La Twittosphère est un monde à part entière avec son langage, ses codes, ses experts dont il est important de maîtriser les bases. Divisé en trois grandes parties : les différentes campagnes de communication de marques, des témoignages d’experts dont vous pourrez tirer des leçons pour la mise en place de votre présence (bonnes pratiques), les outils qui vous serviront à gérer votre compte de manière optimale.

A l’image de la préface de Grégory Pouy, ce livre vous donnera une autre vision de la puissance de Twitter (excellent média de prise de contacts, de partages et d’échanges) et vous aidera à optimiser votre utilisation.

Un grand merci à Camille d’avoir accepté jouer le jeu de l’interview… De quoi vous donner envie de plonger dans son livre pour en apprendre plus sur Twitter et mettre en place une stratégie digitale adaptée à votre entreprise, les exemples y sont nombreux et vous permettront de reprendre des concepts qui ont fait leurs preuves !

Twitter

Camille Jourdain

Selon toi, qu’est ce qui fait qu’une entreprise a tout intérêt à se mettre à Twitter ?

Camille Jourdain : « Le potentiel de ce réseau social est impressionnant ! Pour tout vous dire, c’est mon préféré, j’y passe beaucoup, beaucoup de temps depuis 2007, année au cours de laquelle j’ai décidé de tester Twitter. Il n’est donc pas nouveau mais permet de communiquer efficacement avec des messages courts de 140 caractères. En plus, son fonctionnement est assez simple, il suffit de comprendre le vocabulaire de base, hashtag, mention, retweet et le tour est joué.

Les entreprises l’utilisent pour différentes raisons, citons les trois principales : créer du trafic sur un site web, gérer son e-réputation et générer du chiffre d’affaire. Je présente ces usages, et bien plus encore, dans mon livre : avec des exemples concrets de marques, des tests d’outils et des témoignages de professionnels ».

Twitter

Quels premier(s) conseil(s) donnerais-tu à un nouveau Twitto ?

CJ : « Parce que le contenu est roi et qu’il est important de le mettre en valeur, je conseille de tweeter des types de contenus variés, c’est à dire des articles, des liens, des vidéos et bien évidemment des images en sachant que ces dernières sont les plus partagées. Elles génèrent de forts taux d’engagement, ainsi qu’un grand nombre de retweets et de favoris. Twitter a d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet. Plus de 2 millions de tweets envoyés par des milliers de personnes pendant un mois ont été analysés afin de connaître la nature des contenus qui génèrent le plus de retweets. Résultats : la photo arrive sans surprise en tête (35%), suivis par la vidéo (28%), la citation (19%), un chiffre (17%) et le hashtag (16%) ».

Taux de RT

Twitter

Quels sont les premiers écueils à éviter selon toi ?

CJ : « Avancer sans construire une réelle stratégie est pour moi, une véritable erreur. En effet, des utilisateurs et certaines marques commencent par suivre un maximum de tweetos, sans lire leur bio et sans regarder de quoi ils parlent sur le réseau. On parle de Mass-Follow. Attention, cette idée est négative, très mal perçue par les tweetos. Ceux qui ont une certaine expérience du réseau, ont, pour la plupart, déjà testé le Mass-Follow. C’est mon cas, au début et sur une courte période, mais je ne le conseille pas. Faire du Mass-Follow en espérant le “follow back” peut sembler très utile mais cette pratique a ses limites. Pourquoi ? D’abord parce que Twitter a fixé un quota à 2000 followings pour les nouveaux inscrits, il est, par contre, possible d’aller plus loin quand on atteint un certain nombre de followers. Le Mass-Follow peut être réalisé pour recruter des followers mais il faudra ensuite les fidéliser et c’est bien là, selon moi, le plus difficile ».

Twitter

Quels sont les premiers éléments pour mettre en place sa stratégie de présence sur Twitter ?

CJ : « Même si les entreprises qui n’ont pas encore de compte Twitter s’y prennent avec un peu de retard, elles peuvent encore se lancer et en tirer des bénéfices. Chaque réseau a ses spécificités, être présent sur Twitter ou sur Facebook n’a pas la même signification. Je leurs conseille, dans un premier temps, de se poser les bonnes questions. La première : quel intérêt Twitter peut avoir pour mon entreprise ? J’en parlais au début de l’interview. La seconde : comment atteindre mes objectifs sur Twitter ? Les moyens sont nombreux et variés en fonction de la nature des objectifs. Mais surtout, elles ont le devoir de penser à des notions essentielles sur Twitter : l’échange, le partage et l’interaction ! Twitter ne sert pas qu’à poster des messages à sens unique, bien au contraire. Il sert à créer des conversations, à poser des questions, y répondre, à soumettre des idées, à s’enrichir des échanges avec sa communauté. Prendre en compte ces notions est une condition indispensable à la mise en place d’une bonne stratégie de présence sur Twitter ».

Retrouvez Camille sur Twitter : @camj59

Twitter

Et vous, quelle utilisation faites-vous de Twitter ? Comment avez-vous débuter sur ce média social ? Faites-nous partager votre expérience !

La rumeur et les médias sociaux

Dans ma série d’articles traitant de la dérive des médias sociaux, j’ai voulu aborder la problématique de la rumeur. J’ai ainsi eu l’opportunité d’interviewer Franck Cognard et Matthieu Aron, journalistes à France Inter et auteurs du livre « Les folles rumeurs », paru aux éditions Stock (mai 2014).

 FRANCK COGNARD ET MATTHIEU ARON

Retour donc sur le phénomène de la rumeur…

 

Isabelle Clément :
« Comment naît la rumeur » ?

Franck Cognard/Matthieu Aron :
 » Le sexe, l’argent, la santé, la peur de l’étranger, le complot sont bien souvent à l’origine de la plupart des rumeurs.

Rumeurs que l’on peut classer en deux grandes catégories :

  • Les rumeurs de « bonne foi »
  • Les rumeurs avec intention de nuire

La rumeur de « bonne foi » est diffusée par des gens bien intentionnés qui croient en la véracité de l’information et ont le sentiment de bien agir, d’accomplir un geste juste (citoyen). C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit du domaine de l’intime.
Le mécanisme de la « bonne foi » est très vieux et est un facteur important de propagation de la rumeur.

La rumeur malveillante peut elle être classée en deux sous-catégories :

  • pour faire rire, en signe de contestation : pour l’illustrer, nous retiendrons l’exemple de « Seb la Frite » qui a fait mourir Rihanna en quelques heures en août 2012 et dont l’information s’est propagée dans le monde entier en quelques heures à peine. On notera que les auteurs de ce type de « buzz » sont souvent des adolescents ou jeunes adultes en mal de reconnaissance.
  • avec intention de nuire, une forme de rumeur qui pourrait également être assimilée à une tentative de manipulation (notamment en matière de politique, d’économie). L’information étant « croustillante », on la colporte d’autant plus facilement, à l’exemple de la rumeur lancée sur le fils de Christiane Taubira.

Essentiellement orale, la rumeur laissait jadis libre cours à l’interprétation de chacun (marqueur important). L’existence des médias sociaux est un facteur d’amplification avec un autre effet pervers : l’information étant désormais écrite, elle devient crédible. On ne se fie plus seulement à son cercle intime (amis, famille) mais à l’ensemble de ses relations (*nous ne reviendrons pas sur terme galvaudé d' »amis » sur Facebook notamment).
Ainsi, ce n’est plus l’identité même de l’initiateur de la rumeur qui vaut foi mais le nombre d’individus qui relaient l’information.

Avant l’explosion des réseaux sociaux, seules les informations émanant des organismes de presse étaient considérés comme véridiques. Nous sommes maintenant à une époque de « confusion » car il n’y a plus désormais de différenciation entre les émetteurs professionnels (journalistes) et les émetteurs particuliers. Il devient alors difficile de distinguer le vrai du faux au premier abord ».

 

Isabelle Clément :
« Quelles sont les cibles les plus fréquentes ?

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« La réponse est aussi simple qu’effrayante : dès lors que l’on est différent de la norme (de par sa religion, sa sexualité, son appartenance à un « groupe »), on devient une cible potentielle (phénomène de stigmatisation).
Celui qui va sortir du cadre commun va susciter l’envie, la jalousie voire la peur. Comment peut-on dès lors « casser » cette personne ? C’est ainsi qu’en septembre 2013, un jeune homme blanc a été soupçonné d’enlèvement et de trafic d’organes sur des enfants et finalement lynché par la population de Madagascar ».
A noter que cette menace concerne tout aussi bien des individus « tout en haut » ou « tout en bas » de l’échelle sociale ».

 

Isabelle Clément :
« Quand la rumeur devient-elle incontrôlable ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« On peut contrôler la rumeur à partir du moment où l’on peut la contredire (apport de preuve). Ainsi, plus la rumeur est précise, plus on peut la contrôler. A contrario, plus elle est vague et moins on a de prise, la rumeur devient alors beaucoup plus virale.
Signalons néanmoins que, devant des arguments rationnels, l’irrationnel peut parfois l’emporter.

Il sera également plus facile pour une grosse entreprise d’intervenir face à la rumeur, grâce à la mise en place d’une cellule de veille (comprenant généralement plusieurs niveaux d’alerte) : en aspirant, par exemple, le nom de l’entreprise accolé au terme « rumeur ». Evidemment, lorsqu’il s’agit d’un particulier, il est beaucoup plus difficile de se défendre et de prévenir toute menace.

Notons enfin que, dès qu’il y a volonté de nuire, il y a souvent orchestration de la rumeur, les gens devenant particulièrement agressifs.
De plus, on constate que plus la victime de rumeur est une personne de « pouvoir », plus elle sera sensible à la rumeur. Et paradoxalement, plus elle essaiera de démentir l’information, plus elle sera soupçonnée d’user de son « réseau » pour se défendre. Devenant de fait…peu crédible ».

 

Isabelle Clément :
« Quels sont les facteurs d’amplification d’une rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Dans certains cas, le démenti est à lui seul un facteur d’amplification « effet Streisand ». Mais la principale menace reste le « non-droit » à l’oubli, ainsi tout écrit sur internet peut remonter à la surface à n’importe quel moment (rien ne s’efface, dans la durée, il reste toujours une menace).

Les phénomènes naturels (tremblements de terre, tsunami…) de par les traumatismes qu’ils créent sont aussi des vecteurs de rumeurs.

Enfin, à titre plus personnel, plus un individu sera touché dans ses croyances, son intimité, plus il sera à même de propager la rumeur ».

 

Isabelle Clément :
« Comment réagir face à la rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Face  à la rumeur, le démenti peut être un facteur de propagation. Ainsi, la maire de Niort s’est tue pendant deux ans face à la « rumeur du 93« , jusqu’à ce que cela touche les écoles, les fonctionnaires.
« De manière générale, il conviendra de ne pas donner davantage de poids que nécessaire à la rumeur et donc de ne pas intervenir. Cependant, lorsque le seuil de tolérance est atteint et les conséquences prennent trop d’ampleur, il conviendra de prendre les mesures adaptées.

 

Isabelle Clément :
« Peut-on facilement remonter la source de la rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« De nos jours, il est heureusement facile de remonter la source d’une rumeur.
A titre d’illustration, si vous tapez l’expression « fils Taubira » sur Google Trends, vous récupérez ainsi la période de diffusion de l’information sur internet :

Fils Taubira

Il ne sera pas forcément possible d’arriver au « Patient 0 » mais tout du moins de remonter à une source « historique » ».

 

Isabelle Clément :
« Comment se prémunir d’une rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« A l’heure des médias sociaux, il devient malheureusement impossible de se prémunir d’une rumeur. Dans l’absolu, n’importe quel individu est une victime potentielle.

Il est également des secteurs, comme à la Bourse, où l’information est traitée par des robots. Il n’y a donc plus de distinction entre ce qui est véridique et ce qui ne l’est pas.
Pierre Lazareff alors chez France Soir, se trouvant un jour contraint de publier un démenti, prononça alors la célèbre sentence :« Une information et un démenti, cela fait deux informations »« .

 

Isabelle Clément :
« Peut-on sortir indemne d’une rumeur ? » 

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Quelle que soit la rumeur, il est impossible d’en sortir indemne, cela marque toujours. De plus, les réseaux sociaux rendent les faits inoubliables et les rumeurs sont susceptibles de « remonter à la surface » à n’importe quel moment.

Lorsque l’on a été victime de rumeur(s), on devient plus fragile, plus méfiant voire paranoïaque. Selon la sensibilité de chacun ».

 

Isabelle Clément :
« Légendes urbaines, hoax, fails, canulars, rumeurs… quelles différences ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Quel que soit le terme employé, il s’agit d’un même phénomène de rumeurs seules les terminologies sont différentes. Il serait toutefois possible de faire une différenciation entre rumeur et conspiration. On pourra ici citer l’opération « Bleuite », rumeur assassine orchestrée par les services secrets pour décapiter le FLN pendant la guerre d’Algérie (incluant la mort de 7 à 8 000 personnes).

 

Isabelle Clément :
« Faut-il se méfier de certaines sources d’informations ? »

 Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Devant la multiplicité des médias, il est difficile d’en extraire une liste exhaustive.
Il faudra se méfier en priorité des sites vivant de la rumeur et de l’actu « people » mais également des sites parodiques spécialisés dans la propagation des rumeurs ».

 

En conclusion… des raisons d’espérer…

« A l’avenir, nous pouvons espérer que si internet est un vecteur important de rumeurs, il peut également permettre de les démonter. Il conviendra donc de mettre en place des actions de sensibilisation à destination de tous.

Face à cette problématique, plusieurs initiatives voient le jour, notamment :

  • Axa et la gendarmerie française ont créé le « permis Internet » pour sensibiliser les plus jeunes aux risques numériques
  • Plusieurs villes européennes dont Barcelone, ont mis en place des campagnes d’affichages de sensibilisation
  • Le projet européen Pheme visant à démonter les rumeurs sur Internet ».

 

* : notes de l’auteur

Comment construire votre présence digitale sur Facebook ?

Habituellement réservé aux entreprises B2C et le plus souvent utilisé par les internautes à titre personnel, il est également possible d’utiliser votre profil Facebook à des fins professionnelles. Car oui, vous pouvez vous démarquer en sortant des sentiers battus et des réseaux sociaux professionnels, Viadeo et LinkedIn en tête !

facebook-logo

Nombre de métiers peuvent avoir un intérêt à construire une véritable vitrine professionnelle plus facilement mise en valeur que sur les réseaux sociaux professionnels, qui restent assez limités. N’oubliez pas également que beaucoup de recruteurs enquêtent sur Google et recherchent votre profil Facebook pour en apprendre plus sur vous. Aussi, plutôt que de leur donner accès à des informations personnelles, autant vous montrer sous votre meilleur jour ! 🙂

Ce peut être une opportunité supplémentaire pour travailler votre e-réputation et votre personal branding. Je pense notamment aux professions en lien avec les réseaux sociaux (Community managers, WebMarketeurs, etc.) et plus globalement l’informatique et les nouvelles technologies. Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.

Pour commencer, créez votre profil : mettez votre photo (professionnelle s’entend), renseignez la section « A propos » (vous n’êtes pas obligé(e) de mettre votre cv, juste les informations clés), indiquez vos coordonnées (renseignez vos profils professionnels : comptes Viadeo/LinkedIn, Twitter, blog(s), etc.). Faites des demandes d’amis à vos contacts professionnels (oui oui, il y en a !), vos relations professionnelles, vos éventuelles références, bref, créez votre réseau !
Facebook ayant activé les hashtags depuis peu, profitez-en pour ajouter des mots clés !

Maintenant que vous avez créé votre profil à proprement parler, il va falloir maintenant alimenter votre mur et mettre votre expertise en avant. Comment procéder ? C’est simple.
Relayez vos articles de blog, mettez en place une ou plusieurs veille(s) et partagez-la(les), rédigez des articles Facebook… Veillez à avoir un rythme régulier, une ligne éditoriale, un sujet de prédilection (votre domaine d’expertise ! les secteurs d’activité qui vous intéressent, que sais-je encore !) mais surtout, soyez cohérent.

Inversez les rôles ! Imaginez que vous soyez vous-même un recruteur et que vous souhaitiez en savoir plus sur vous (candidat). Que souhaiteriez-vous trouver comme informations ? Quel type de contenu souhaiteriez-vous y trouver ? Qu’est-ce que serait pertinent ? Percutant ? Accrocheur ?

Mettez en avant votre profession pour favoriser votre visibilité dans le moteur de recherche Facebook : le réseau social offre la possibilité d’ajouter un surnom dans votre journal en plus de votre nom prénom. Nous allons utiliser cette astuce pour mettre en évidence votre métier. Pour cela, rendez-vous dans vos paramètres de compte :

  1. Cliquez sur astérisque dans le coin supérieur droit de n’importe quelle page Facebook, puis sélectionnez Compte.
  2. Cliquez sur Général dans la colonne de gauche.
  3. Accédez au paramètre Nom, puis cliquez sur Modifier à droite de la page.
  4. Entrez votre second nom. Assurez-vous que votre autre nom est conforme aux conditions relatives aux noms.
  5. Cochez la case Inclure dans mon journal pour que votre autre nom apparaisse dans votre journal. Sinon, cet ajout ne sera utilisé que pour faciliter la recherche.
  6. Enregistrez vos modifications.

Remarque : si vous avez coché la case pour que votre autre nom apparaisse dans votre journal, il apparaît à côté de votre nom, en haut de la page de votre journal. Il est aussi affiché à côté de votre nom dans les résultats de recherche et dans les demandes d’ajout à votre liste d’amis que vous envoyez.

Pensez également à ouvrir votre compte aux abonnements. Ainsi, des professionnels de votre secteur peuvent s’abonner à vous sans pour autant devenir vos « amis » (de même que vous pourrez vous abonner à certains profils). Ils pourront alors accéder uniquement à vos posts publics.

Pour permettre aux utilisateurs de s’abonner à votre profil :

  1. Cliquez sur astérisque en haut à droite de n’importe quelle page Facebook, puis sélectionnez Paramètres.
  2. Cliquez sur Abonnés dans la colonne de gauche.
  3. Cochez la case à droite de Activer la fonction d’abonné.

Enfin, je vous conseille de garder le contrôle sur les publications et photos sur lesquelles vous êtes identifiés sur votre mur (il ne s’agirait pas que certains de vos contacts puissent ajouter des photos de vous compromettantes ! ). Ainsi, vous devrez valider toutes les publications mentionnant votre nom.

Pour cela, procédez comme suit :

  1. Cliquez sur astérisque en haut à droite de n’importe quelle page Facebook, puis sélectionnez Compte.
  2. Dans la colonne de gauche, cliquez sur Journal et identification.
  3. Accédez au paramètre Qui peut voir les publications dans lesquelles vous êtes identifié(e) sur votre journal ?, puis cliquez sur Modifier à droite de la page.
  4. Sélectionnez le public de votre choix dans le menu déroulant.

Vous pouvez consulter les photos et publications dans lesquelles vous avez été identifié(e) avant qu’elles n’apparaissent sur votre journal en activant l’examen du journal. Gardez à l’esprit que les photos et les publications que vous masquez sur votre journal peuvent être vues, à d’autres endroits de Facebook, par les personnes avec qui elles sont partagées (par exemple, dans le fil d’actualité et les résultats de recherche).

A vous de jouer maintenant ! 🙂
Et si vous avez d’autres idées et/ou astuces, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, nous sommes preneurs ! 🙂