Stratégie social media de Pernod Ricard

On s’interroge souvent sur les limites d’une stratégie social media pour les marques d’alcool en regard de la loi Evin qui encadre la publicité en faveur des boissons alcoolisées sans toutefois l’interdire. L’article 13 de la loi n°2016-41 (du 26 janvier 2016, instaurant l’article L 3323-3-1 du code de la santé publique), instaure ainsi un assouplissement concernant la promotion de l’alcool. Cet article garantit que les références à des régions de production, à des indications géographiques ou au patrimoine culturel liés à des boissons alcooliques protégées au titre de l’article L. 665-6 du code rural et de la pêche maritime ne sont pas considérées comme des publicités.

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C’est dans cette optique et afin de mieux cerner comment les marques d’alcool communiquent et instaurent un véritable dialogue avec leurs communautés, que j’ai sollicité Marie-Solène Mirrione, Thibaut Portal et Sébastien Claudet, afin de répondre à quelques questions. J’en profite pour les remercier grandement pour avoir accepté le jeu de l’interview.

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Marie-Solène, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre fonction au sein de Pernod Ricard ?

Le choix du digital comme expertise s’est fait naturellement, au gré des affinités, des expériences et des rencontres. Diplômée du CELSA en marketing et médias numériques, j’ai commencé dans le monde des agences avant de passer de l’autre côté du miroir, en startup puis en entreprise chez LEGO France. En 2015, je rejoins le siège de Pernod Ricard en tant que spécialiste social media. Il s’agit d’une des briques essentielles de l’équipe Media Hub dirigée par Thibaut Portal.

 

Comment est constituée l’équipe dédiée au digital ?

L’équipe d’accélération digitale du siège de Pernod Ricard est constituée d’une dizaine d’experts venus des quatre coins du monde. Nous travaillons ensemble sur différents projets qui sont ensuite déployés dans nos filiales : data, insights, e-commerce, content, media buying, social media. Le digital étant présent partout, nous travaillons en transverse avec les autres départements et filiales du groupe.

 

Quelle est votre stratégie globale sur les médias sociaux ? Et comment la déclinez-vous en fonction des réseaux sociaux sur lesquels Pernod Ricard est présent ?

Notre stratégie est de placer le consommateur au centre afin d’être au plus près de ses attentes. Cela se traduit notamment par une déclinaison locale de nos activations marketing. Au-delà des campagnes, nous proposons des contenus utiles à nos consommateurs comme par exemple des recettes de cocktails ou encore des services pour organiser ses soirées. A chaque réseau social son type de contenu : plus de créativité et d’inspiration sur Instagram, des vidéos how-to sur YouTube, les couvertures des événements en live sur Twitter ou Facebook Live.

 

Comment gérez-vous votre présence digitale dans le cadre de la loi Evin ?

La loi Evin est systématiquement prise en compte dans toutes nos communications sur le marché français. Nous ne ciblons que les personnes majeures et faisons valider tous nos contenus par les équipes du département légal afin de respecter cette loi. Cela ne nous empêche pas pour autant de faire preuve de créativité et d’être très actifs en France sur les réseaux sociaux.

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Sur quels médias sociaux êtes-vous présents (et pourquoi ?) et quelle est votre ligne éditoriale sur chacun d’eux ?

Co-leader mondial des vins et spiritueux, le groupe Pernod Ricard compte plus de 1200 comptes pour environ 120 marques sur les réseaux sociaux. La majorité de notre activité est concentrée sur Facebook puis Instagram, Twitter et YouTube. Nous sommes également présents sur d’autres réseaux plus spécifiques comme WeChat pour le marché chinois. La ligne éditoriale varie en fonction de la marque et du marché. Havana Club axe par exemple sa communication sur la culture cubaine. Afin de gérer au mieux cet écosystème complexe, nous avons une organisation décentralisée composée des sociétés de marques et des sociétés de marchés. Les premières veillent à l’image de marque tandis que les marchés sont en charge d’activer les marques dans leurs pays respectifs.

 

Quels sont vos principaux objectif/enjeux ?

Maîtriser les leviers digitaux est une des priorités du groupe. Il s’agit d’un changement de paradigme pour Pernod Ricard qui doit passer du marketing traditionnel plutôt top-down à une approche centrée sur le consommateur, portée par le marketing digital. En tant qu’experts, notre mission est d’insuffler cette fibre du digital à travers nos filiales afin de croiser nos forces pour amplifier notre impact à l’échelle internationale. Cela se traduit par exemple par une utilisation intelligente des données collectés de manière structurée via les canaux numériques.

 

Comment évoluent vos communautés ?

Nos communautés représentent aujourd’hui plus de 34 millions de personnes uniquement sur les réseaux sociaux. Ces dernières ont gagné en maturité et maîtrisent parfaitement les outils digitaux. Elles se conseillent, s’enrichissent et échangent entre elles sans que nous ayons forcément besoin d’intervenir. Nos meilleurs contenus sont souvent ceux créés par nos consommateurs car l’authenticité a plus d’impact que le discours d’une marque.

En cas de bad buzz, avez-vous mis en place une cellule de crise ?

Même si les bad buzz sont très rares, nos experts se tiennent prêts à intervenir à tout moment. Nous avons pour cela anticipé les différents scénarios possibles et restons à l’écoute des réseaux sociaux pour être alertés si besoin.

Que pensez-vous de la campagne de sensibilisation du Fonds Action Addiction qui a récemment fait le buzz sur Instagram ? 

Cette campagne est intéressante car elle ne ressemble précisément pas à une campagne : ce compte Instagram pourrait être celui de n’importe quelle jeune parisienne. Cela permet à chacun de s’identifier et de se poser des questions sur sa consommation et celle de son entourage.

Pensez-vous qu’une marque comme la vôtre soit légitime pour lancer ce type de campagne ? Pourriez-vous (ou avez-vous) lancé une(des) action(s) similaires ? Si oui, pouvez-vous nous en parler ?

Nous ne pourrions pas lancer de campagne de ce type dans le sens où elle met en avant ce qui nous est interdit dans la loi Evin : poster des photos de jeunes personnes en train de passer de bons moments, un verre à la main. Cependant nous sensibilisons nos consommateurs à adopter une consommation responsable. Nous avons notamment lancée une application mobile :

Wise Drinking qui permet de suivre sa consommation, de calculer son taux d’alcoolémie ou encore d’appeler un taxi ou un ami pour rentrer chez soi en toute sécurité après une soirée.

Enfin, pouvez-vous nous parler d’actions innovantes qui vous auriez lancées ? Et des résultats obtenus ?

Absolut a lancé récemment une campagne innovante aux Etats-Unis où il était possible de choisir son cocktail et son bar via le bot Messenger Absolut Night. L’opération a très rapidement fait parler d’elle dans les médias.

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Capture écran Absolut bot Messenger

Un dernier mot pour la fin ?

Cheers ! 🙂

 

La vidéo live (live streaming) en questions

livestreamingPlus que jamais d’actualité, les applications/fonctionnalités de vidéo live sont particulièrement décriées depuis, notamment le suicide en direct d’une jeune fille sur Periscope. Toutefois, l’application n’est pas la seule à être montrée du doigt. Facebook Live, Meerkat, Instagram, SnapChat et YouTube (avec Connect) sont également dans le viseur.

Dérives de la vidéo live

Dérives réseaux sociaux

A titre d’exemples, on peut notamment recenser quelques unes des dérives mises en évidence :

  • En janvier dernier, un prisonnier se filme en direct de sa cellule depuis la prison de Béziers (sans aucun doute un pied de nez à l’administration pénitentiaire) via Periscope
  • En mai, aux Etats-Unis, trois adolescents ont séché les cours pour aller filmer leur relation sexuelle sur Facebook Live
  • En début d’année, une américaine de 18 ans filme et diffuse le viol de son amie sur Periscope
  • En avril, deux jeunes de 15 et 16 ans ont diffusé, toujours sur Periscope, une vidéo dans laquelle ils frappent un passant

Si l’on parle beaucoup de Periscope du fait de son actualité récente, il est aussi bon de rappeler qu’en matière de vidéos (qui ne sont pas forcément en live) cette application n’a pas l’exclusivité. Ainsi SnapChat a également été décrié à l’occasion de vidéos, diffusées en janvier 2001, mettant en scène la maltraitance de personnes âgées par de jeunes stagiaires (précision : il ne s’agit pas là de vidéos en direct mais de vidéos éphémères).

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Analyse de sentiments, intelligence artificielle : où en est-on ?

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À l’heure du Big Data et de l’omniprésence des réseaux sociaux, les communicants et plus particulièrement les services marketing, sont plus que jamais à l’affût d’outils performants d’analyse de sentiments. Plus exactement d’analyse automatique de sentiments. En effet, nombre de prestataires ont mis au point des outils (certains dits « apprenants ») sensés détecter les sentiments dégagés par un ensemble de publications et des réactions qu’elles suscitent. Élément essentiel de compréhension d’une marque et/ou d’une personnalité publique en matière d’e-réputation notamment.

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On pourra citer par exemple des outils comme Talkwalker ou Digimind.

A ce jour, il est encore impossible autrement que manuellement de faire une analyse de sentiments (ou opinion mining) pertinente et surtout fidèle à la réalité (comprendre 100% fiable). C’est en cela que l’humain est bien plus complexe que la machine (mais rien de nouveau de ce côté-là).

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La stratégie social media de l’Equipe

Pour tout savoir sur la stratégie social media du journal L’Equipe, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Emmanuel Montecer, Responsable Marketing & Social Media de la marque :

Pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je suis un enfant de la génération X ayant grandi dans l’électronique des années 90’s et ayant commencé à surfer sur le net au début des années 2000. Je passais tellement de temps dans ma chambre à créer des mini-sites que j’ai décidé, seulement une fois le bac en poche, de poursuivre mes études dans ce domaine. J’ai eu la chance de pouvoir rejoindre Paris et d’intégrer une école 100% digitale dès 2007. C’était le boom des réseaux sociaux aux US mais le tout début en France. On sentait un énorme potentiel.
Naturellement, je me suis orienté vers le social media dès la fin de mes études : une année chez Heaven, une agence de conseil en digital, où je m’amusais à gérer les communautés des marques high tech (Sony, Samsung) ou de grande conso (Ferrero).
Puis je suis arrivé à L’EQUIPE après la Coupe du monde 2010 pour développer la visibilité des marques du groupe sur le social media. Grand fan de sport et assidu lecteur depuis tout petit, j’étais fou ! J’allais faire de ma passion, mon métier !!!
NB : Emmanuel s’occupe également, à ce jour, de toute la partie acquisition d’audience et trafic en plus du social media pour l’ensemble des sites du groupe L’ÉQUIPE.

Comment fonctionnez-vous en interne pour gérer vos différentes marques sur les médias sociaux ?

Entre 2010 et 2012, les réseaux sociaux n’étaient encore que des espaces communautaires et j’étais seul à gérer l’identité des marques sur le digital. Progressivement, ces réseaux se sont transformés en plateformes média et nous avons eu la confirmation qu’ils pouvaient devenir des leviers de croissance indispensables.
Aujourd’hui, notre équipe social media s’est bien renforcée : 3 personnes gèrent et animent les différentes marques (L’EQUIPE, L’EQUIPE 21, France Football, Journal du golf, Adrénaline, Ilosport, etc.) et 1 traffic manager mesure l’efficacité de nos plans d’actions.

Quels sont vos principaux enjeux ?

On en liste principalement quatre :

  1. Développer les audiences de nos différents supports (TV, web et print) en adaptant nos contenus à un usage web social (par exemple, l’opération « faites votre liste des 23 pour la Coupe du monde» qui a cartonné avec 1 million de participants ou notre rubrique #WTF qui propose des contenus conçus pour les réseaux sociaux). Sur l’année écoulée, le trafic provenant de l’ensemble des réseaux sociaux a été multiplié par cinq sur nos sites.

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  1. Accroître la visibilité de nos marques sur le digital. Outre le fait de maintenir un engagement fort avec notre communauté, nous poursuivons notre conquête de nouveaux abonnés sur des thématiques spécifiques et porteuses (fitness, musculation, sports extrêmes et bientôt l’eSport…).
  2. Explorer de nouveaux leviers : Snapchat, Yo, Line, WhatsApp… On sait tous qu’ils sont puissants mais comment vraiment les utiliser pour soutenir et accélérer notre croissance ? Ces services sont intéressés par la richesse des contenus des éditeurs. Et les éditeurs intéressés par l’audience de ces services. D’où le retour à la syndication de contenus pour les géants (Google AMP, Appel News, Facebook Instant Articles). Nous sommes parmi les nouveaux partenaires de Facebook pour Instant Articles. Nous lancerons nos premiers contenus sous cette forme dès janvier 2016.

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  1. Etendre la relation entre nos marques et leurs annonceurs. En proposant des activations qui apportent une valeur ajouté à notre public. Comme c’était pour l’opération Vine Replay réalisée avec LEGO lors de la Coupe du monde 2014. Ou encore avec la « stat précision Gillette de la journée» en Ligue 1. Nous recevons de plus en plus de demandes de la part de nos annonceurs, qui apprécient le fort taux d’engagement de nos communautés. Et on vous a préparé une belle surprise pour la mi-janvier 🙂

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Sur quels média sociaux êtes-vous présents ? Pourquoi avoir fait le choix de ces médias ?

Pour toutes nos marques :
Facebook & Twitter. Avec deux lignes éditoriales distinctes : de l’infotainment pour le premier et de l’info en temps-réel et continu pour le second. Le principal enjeu est de générer du trafic et de l’audience sur nos supports digitaux. Actuellement, ces deux plateformes représentent 95% des visites provenant des réseaux sociaux.

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Pour nos plus grosses marques :
Instagram, Vine et Snapchat pour la valorisation de nos contenus, notamment des photos exclusives de nos reporters présents partout dans le monde. Et qui apportent une complémentarité à nos supports puisque la plupart d’entre eux n’ont jamais été utilisés ailleurs.
Nous avons la chance de pouvoir exploiter une banque d’images riche (plusieurs centaines de milliers de photos) et variée (les plus vieilles photos datent de la fin du XIXème siècle) pour en faire profiter nos abonnés.
Je vous conseille de voir cette ressemblance folle entre le père et l’un des fils Zidane, ce panier de dos hallucinant de Tony Parker et de suivre le compte « lequipe.fr » sur Snapchat pour avoir accès aux coulisses des plus grands évènements sportifs. Comme la cérémonie du Ballon d’Or (11 janvier) où nous serons les seuls au monde à relayer l’évènement sur les réseaux sociaux (tapis rouge, salle des trophées, photos du vainqueur en avant-première, etc.).

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Comment évoluent vos communautés ?

Actuellement, nous comptons 10 millions d’abonnés sur l’ensemble des pages de nos marques et plus de 25 millions de personnes sont en contact avec l’une d’entre elles chaque mois. C’est deux fois plus que l’année dernière !

Nous élargissons notre offre de contenus pour toucher de nouvelles communautés. Notre tout récent partenariat avec la NBA et la Pro A nous permettra d’approcher les passionnés de basket. Idem pour le biathlon dont nous venons d’acquérir les droits de diffusion et qui démarre très bien. Puis, comme toute année pair, 2016 sera très dense avec de grands rendez-vous sportifs. Inutile de vous dire que l’Euro de foot en France sera un enjeu majeur pour le social media et qui commencera dès le mois d’avril pour nous. On a déjà de belles idées en tête, nos internautes ne seront pas déçus.

Avez-vous du faire face à une crise (bad buzz) et si oui comment l’avez-vous surmontée ?

Je ne sais pas si on peut appeler ça un bad buzz mais il nous est arrivé, en janvier 2013, une drôle d’aventure autour du FIFA Ballon d’Or, entièrement liée à la démocratisation des réseaux sociaux.

Le bouclage du magazine France Football ayant lieu le dimanche soir, il était possible qu’un exemplaire sorte de l’imprimerie et fuite dans la journée du lundi, quelques heures avant la cérémonie du Ballon d’Or. Deux personnes avaient effectivement publié la Une sur Twitter. Nous avons pu intervenir rapidement en dévoilant sur notre compte officiel @francefootball, 3 Unes imprimées et différentes avec les 3 possibles vainqueurs du Ballon d’Or. Ouf, tout juste…

Un grand merci encore à Emmanuel pour avoir joué le jeu de l’interview. 🙂
Vous souhaitez vous aussi nous parler de votre stratégie social media ? Contactez-moi !

Facebook pour les pros, amorcez-le virage !

En bêta test depuis janvier 2015 auprès de 300 entreprises dans le monde, (Facebook@Work) Workplace est en passe de devenir le nouveau réseau social d’entreprise. A l’instar d’un Yammer ou d’un Slack, (Facebook@Work) Workplace présente nombre d’avantages dont le plus important : l’environnement bien connu de… Facebook !

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En effet, Facebook affiche au compteur 1,5 milliards d’utilisateurs dans le monde, dont 28 millions en France soit près d’1 français sur 2 ! Il paraissait donc évident que Facebook, sans cesse à la recherche de nouveaux usages, se tourne vers une extension ((Facebook@Work) Workplace) à destination des professionnels (collaborateurs d’une entreprise).

Je ne m’étendrai pas davantage sur les spécificités de (Facebook@Work) Workplace que je n’ai pas (encore) eu l’opportunité de tester. Toutefois, au travers de mes échanges avec Century 21 et My Little Paris, j’ai pu en avoir un bref aperçu. Si elles sont sensiblement les mêmes que sur le Facebook  « classique », elles ne pourraient être, en toute logique, que plus facile à prendre en main et à déployer.

Comme j’ai pu le souligner dans mon article consacré à Century 21, certaines entreprises ont d’ores et déjà adopté une logique RSE au sein de Facebook, en échangeant notamment au sein d’un groupe privé (mais visible).

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Exemple de Century 21 fonctionnant en mode « groupe fermé »

Ce qui permet de connaître l’appétence d’entreprises n’étant pas encore utilisatrices. Sans doute l’un des nombreux critères de « recrutement » de Facebook pour ses bêta testeurs…

Pour vous permettre d’appréhender au mieux l’écosystème de (Facebook@Work) Workplace, voici en exclusivité un screenshot de la plateforme telle qu’elle est utilisée par My Little Paris (que je remercie une nouvelle fois pour sa contribution !) et que j’ai commentée pour plus de compréhension :

Visuel FB@Work My Little Paris

Comme vous pouvez le constater, (Facebook@Work) Workplace est donc sensiblement comparable à Facebook. Toutefois, je voudrai souligner un détail qui vous a peut-être échappé…

Voici un indice pour vous mettre sur la voie…
Double profil

Vous y êtes ? 🙂

Et oui ! De nombreux articles ayant traité de (Facebook@Work) Workplace ont pris soin de le préciser : pour l’utiliser, vous devez avoir un profil professionnel (lié à votre mail professionnel s’entend).

Vous avez sans doute compris où je voulais en venir… Non ? J’y arrive…

J’ai souvent eu ce débat avec mes confrères Community Managers : faut-il avoir un seul et unique profil Facebook ? Privilégier deux profils (un pour le perso et l’autre pour le pro ?). Je vous épargne les interminables échanges qui en découlent mais pour éclairer notre lanterne, référons-nous aux conditions générales d’utilisation de… Facebook.

A propos de la création de plusieurs comptes Facebook : » Facebook est une communauté dans laquelle les gens communiquent en utilisant leur identité authentique. La possession de plus d’un compte personnel va à l’encontre des Standards de la communauté Facebook. ». Le message est clair…

Soit ! Toutefois et toujours d’après Facebook((@Work) Workplace cette fois) : « (Facebook at Work) Workplace vous permet de créer un compte professionnel qui est distinct de votre compte Facebook personnel. Avec un compte (Facebook at Work) Workplace, vous pouvez utiliser des outils Facebook pour interagir avec vos collègues. Ce que vous partagez avec votre compte professionnel n’est visible que par les autres personnes de votre entreprise. »

Ainsi donc, si votre entreprise utilise (Facebook@Work) Workplace, vous pouvez donc avoir 2 profils : un personnel et un professionnel !

Toutefois, (Facebook@Work) Workplace ajoute une nuance : « Pour que vous puissiez configurer un compte professionnel, votre entreprise doit utiliser (Facebook at Work) Workplace« . Facebook précise encore : »Si vous souhaitez créer un compte professionnel alors que votre employeur n’utilise pas (Facebook at Work) Workplace, n’hésitez pas à nous en informer afin que nous vous envoyions des informations complémentaires. » et vous donne accès à un formulaire à compléter. Sans doute cela permet-il à Facebook d’appuyer son offre de déploiement chez l’annonceur.

Mobilité interne

Afin d’optimiser ce profil professionnel, je vous conseille fortement de le développer et de ne pas vous contenter d’avoir un profil « blanc » (c’est-à-dire sans aucune information). En effet, dans le cadre d’une mobilité interne, vous pourriez tout à fait être approché via ce canal. D’où ma question : les RH vont-elles intégrer cette approche dans leur recrutement (en mobilité interne toujours) ? Quoiqu’il en soit, travaillez votre profil, renseignez un maximum vos informations, faites de la veille et afficher les résultats pertinents, bref, donnez-lui vie ! Sans pour autant y mettre l’intégralité de votre curriculum vitae, donnez les informations clés sur vos postes occupés dans l’entreprise, vos missions, vos souhaits d’évolution (pourquoi pas ?) au sein de la structure.

Quelles conclusions en tirer ? Si la position officielle de Facebook reste pour l’instant la même, l’arrivée de Facebook@Work ouvre la porte à deux profils : l’un personnel, l’autre professionnel. Est-ce à dire qu’à l’avenir Facebook changera officiellement de position pour permettre même à ceux dont l’entreprise n’est pas sur Facebook@Work d’avoir deux profils ? Doit-on tenir pour acquis ce que certains avancent ? Que Facebook@Work se positionne clairement comme un concurrent de taille par à un LinkedIn ? La question mérite d’être posée…
Et vous, qu’en pensez-vous ? 🙂