Twitter Moments ou Storify ?

Vous en avez certainement entendu parler ? Twitter vient d’officialiser la mise à disposition de Moments pour tous les utilisateurs. L’intérêt ? Vous permettre d’éditorialiser une série de tweets (rapport à un évènement par exemple) et leur diffusion à votre audience. Je précise tout de suite que Moments n’est pour l’instant accessible que via le web et le mobile. Et pour créer votre Moment, vous devrez passer obligatoirement par la version web (en attendant le déploiement à tous les devices).

Comment faire pour créer un Moment ? Rendez-vous sur votre profil, un bouton «Créer un nouveau Moment» doit apparaître. Pas de panique s’il n’est pas présent, il est déployé progressivement pour l’ensemble des utilisateurs. Les applications mobiles devraient suivre rapidement.

Afin de me faire une idée plus juste de son utilisation, j’ai moi-même réalisé un Moment que vous pouvez visionner en format pdf ici (j’ai pensé à tous, ceux qui sont présents sur Twitter et ceux qui ne le seraient pas encore 🙂 ). Je reviendrai sur ce point dans quelques instants.

Concrètement, lorsque vous créez un Moment, les options qui s’offrent à vous sont les suivantes :
selection-tweets-moments

Bien sûr, avant l’arrivée de cette fonctionnalité sur Twitter, vous avez sans doute utilisé d’autres outils pour faire « le job » ? Pour ma part, j’ai toujours eu un petit faible pour l’outil Storify que je trouve bien pratique ! Et je dois bien avoir que, pour le moment du moins, je ne suis pas encore prête à l’abandonner… Pourquoi ?

Tout d’abord, Storify vous permet de créer votre « histoire » non seulement à partir de tweets mais également à partir d’autres sources comme le montrent les screenshots ci-dessous :

Vous pouvez voir sur la partie droite de l’écran les réseaux sociaux d’où vous pouvez extraire des données :
screenshot-storify-criteres

Pour un exemple un peu plus concret, on peut à la fois extraire du contenu de Facebook et de Twitter :
screenshot-storify-test

Voici donc quelques unes des raisons qui m’amènent à surveiller les prochaines évolutions de Twitter Moments :

  1. Twitter Moments ne se limite pour le moment qu’aux seuls tweets ! Ce qui peut être gênant si l’on souhaite créer une « story » à partir du contenus de différents réseaux sociaux (et éviter, accessoirement, d’avoir à faire le même travail sur chacune des plateformes). Il est vrai cependant que cette fonction est idéale pour créer une liste de vos tweets préférés.
  2. Si vous souhaitez créer un contenu à partir des tweets que vous avez aimés, il vous faudra donc liker tous les tweets que vous voulez utiliser. Ce qui peut être contraignant mais, je vous l’accorde, permet a posteriori d’augmenter l’engagement et donc le reach desdits tweets. Je vous conseille plus d’utiliser la « recherche de tweets » qui est la moins contraignante… Elle a pour avantage (non négligeable) de vous permettre de combiner différentes recherches selon votre besoin.
  3. Personnellement, je trouve que Moment n’est pas (encore) très ergonomique : en effet, si Twitter a toutefois pensé à configurer l’outil pour la version web et mobile,  le look de l’histoire est un peu triste. A contrario, Storify, qui propose deux présentations différentes, vous permettra, en plus d’un simple fil de tweets, d’obtenir une version de type diaporama interactif.
  4. En outre, et c’est fort dommage, Moments ne permet pas (encore) de faire l’articulation entre plusieurs contenus. Storify vous permet en outre, d’écrire des commentaires (format texte) entre chaque contenu(tweet, post, etc.) que vous aurez sélectionné.

Il reste encore quelques points à affiner et sur lesquels j’ai encore quelques interrogations :

  1. Quid des notifications pour les tweetos qui sont « cités » dans le Moment ? Sont-ils notifiés ? Ou faut-il obligatoirement faire un retweet du « Moment » pour le faire ? Storify permet notamment, d’envoyer un tweet aux twittos concernés pour les en informer…
  2. Quid de l’engagement sur un « Moment » ? Quels retours/portées en attendre ? Comment l’optimiser ?

En résumé, Twitter Moments promet d’être un outil très intéressant sous réserve que les options soient plus développées et que la diffusion de ces contenus ne soit pas uniquement axés sur Twitter. Responsables de Twitter, si vous me lisez, n’hésitez pas à me faire un retour sur la roadmap 😉 Je suis joignable sur Twitter à @ClementIsa

Et vous, quel(s) outil(s) utilisez-vous pour « éditorialiser » votre contenu ? Connaissez-vous d’autres outils que Storify ? Pouvez-vous nous en parler ? Quelle(s) différence(s) majeures avec Twitter Moments ?

On ne sait jamais, peut-être est-ce un moyen d’aider Twitter à optimiser son outil au mieux selon les besoins de chacun 😉

La vidéo live (live streaming) en questions

livestreamingPlus que jamais d’actualité, les applications/fonctionnalités de vidéo live sont particulièrement décriées depuis, notamment le suicide en direct d’une jeune fille sur Periscope. Toutefois, l’application n’est pas la seule à être montrée du doigt. Facebook Live, Meerkat, Instagram, SnapChat et YouTube (avec Connect) sont également dans le viseur.

Dérives de la vidéo live

Dérives réseaux sociaux

A titre d’exemples, on peut notamment recenser quelques unes des dérives mises en évidence :

  • En janvier dernier, un prisonnier se filme en direct de sa cellule depuis la prison de Béziers (sans aucun doute un pied de nez à l’administration pénitentiaire) via Periscope
  • En mai, aux Etats-Unis, trois adolescents ont séché les cours pour aller filmer leur relation sexuelle sur Facebook Live
  • En début d’année, une américaine de 18 ans filme et diffuse le viol de son amie sur Periscope
  • En avril, deux jeunes de 15 et 16 ans ont diffusé, toujours sur Periscope, une vidéo dans laquelle ils frappent un passant

Si l’on parle beaucoup de Periscope du fait de son actualité récente, il est aussi bon de rappeler qu’en matière de vidéos (qui ne sont pas forcément en live) cette application n’a pas l’exclusivité. Ainsi SnapChat a également été décrié à l’occasion de vidéos, diffusées en janvier 2001, mettant en scène la maltraitance de personnes âgées par de jeunes stagiaires (précision : il ne s’agit pas là de vidéos en direct mais de vidéos éphémères).

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La stratégie social media de l’Equipe

Pour tout savoir sur la stratégie social media du journal L’Equipe, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Emmanuel Montecer, Responsable Marketing & Social Media de la marque :

Pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je suis un enfant de la génération X ayant grandi dans l’électronique des années 90’s et ayant commencé à surfer sur le net au début des années 2000. Je passais tellement de temps dans ma chambre à créer des mini-sites que j’ai décidé, seulement une fois le bac en poche, de poursuivre mes études dans ce domaine. J’ai eu la chance de pouvoir rejoindre Paris et d’intégrer une école 100% digitale dès 2007. C’était le boom des réseaux sociaux aux US mais le tout début en France. On sentait un énorme potentiel.
Naturellement, je me suis orienté vers le social media dès la fin de mes études : une année chez Heaven, une agence de conseil en digital, où je m’amusais à gérer les communautés des marques high tech (Sony, Samsung) ou de grande conso (Ferrero).
Puis je suis arrivé à L’EQUIPE après la Coupe du monde 2010 pour développer la visibilité des marques du groupe sur le social media. Grand fan de sport et assidu lecteur depuis tout petit, j’étais fou ! J’allais faire de ma passion, mon métier !!!
NB : Emmanuel s’occupe également, à ce jour, de toute la partie acquisition d’audience et trafic en plus du social media pour l’ensemble des sites du groupe L’ÉQUIPE.

Comment fonctionnez-vous en interne pour gérer vos différentes marques sur les médias sociaux ?

Entre 2010 et 2012, les réseaux sociaux n’étaient encore que des espaces communautaires et j’étais seul à gérer l’identité des marques sur le digital. Progressivement, ces réseaux se sont transformés en plateformes média et nous avons eu la confirmation qu’ils pouvaient devenir des leviers de croissance indispensables.
Aujourd’hui, notre équipe social media s’est bien renforcée : 3 personnes gèrent et animent les différentes marques (L’EQUIPE, L’EQUIPE 21, France Football, Journal du golf, Adrénaline, Ilosport, etc.) et 1 traffic manager mesure l’efficacité de nos plans d’actions.

Quels sont vos principaux enjeux ?

On en liste principalement quatre :

  1. Développer les audiences de nos différents supports (TV, web et print) en adaptant nos contenus à un usage web social (par exemple, l’opération « faites votre liste des 23 pour la Coupe du monde» qui a cartonné avec 1 million de participants ou notre rubrique #WTF qui propose des contenus conçus pour les réseaux sociaux). Sur l’année écoulée, le trafic provenant de l’ensemble des réseaux sociaux a été multiplié par cinq sur nos sites.

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  1. Accroître la visibilité de nos marques sur le digital. Outre le fait de maintenir un engagement fort avec notre communauté, nous poursuivons notre conquête de nouveaux abonnés sur des thématiques spécifiques et porteuses (fitness, musculation, sports extrêmes et bientôt l’eSport…).
  2. Explorer de nouveaux leviers : Snapchat, Yo, Line, WhatsApp… On sait tous qu’ils sont puissants mais comment vraiment les utiliser pour soutenir et accélérer notre croissance ? Ces services sont intéressés par la richesse des contenus des éditeurs. Et les éditeurs intéressés par l’audience de ces services. D’où le retour à la syndication de contenus pour les géants (Google AMP, Appel News, Facebook Instant Articles). Nous sommes parmi les nouveaux partenaires de Facebook pour Instant Articles. Nous lancerons nos premiers contenus sous cette forme dès janvier 2016.

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  1. Etendre la relation entre nos marques et leurs annonceurs. En proposant des activations qui apportent une valeur ajouté à notre public. Comme c’était pour l’opération Vine Replay réalisée avec LEGO lors de la Coupe du monde 2014. Ou encore avec la « stat précision Gillette de la journée» en Ligue 1. Nous recevons de plus en plus de demandes de la part de nos annonceurs, qui apprécient le fort taux d’engagement de nos communautés. Et on vous a préparé une belle surprise pour la mi-janvier 🙂

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Sur quels média sociaux êtes-vous présents ? Pourquoi avoir fait le choix de ces médias ?

Pour toutes nos marques :
Facebook & Twitter. Avec deux lignes éditoriales distinctes : de l’infotainment pour le premier et de l’info en temps-réel et continu pour le second. Le principal enjeu est de générer du trafic et de l’audience sur nos supports digitaux. Actuellement, ces deux plateformes représentent 95% des visites provenant des réseaux sociaux.

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Pour nos plus grosses marques :
Instagram, Vine et Snapchat pour la valorisation de nos contenus, notamment des photos exclusives de nos reporters présents partout dans le monde. Et qui apportent une complémentarité à nos supports puisque la plupart d’entre eux n’ont jamais été utilisés ailleurs.
Nous avons la chance de pouvoir exploiter une banque d’images riche (plusieurs centaines de milliers de photos) et variée (les plus vieilles photos datent de la fin du XIXème siècle) pour en faire profiter nos abonnés.
Je vous conseille de voir cette ressemblance folle entre le père et l’un des fils Zidane, ce panier de dos hallucinant de Tony Parker et de suivre le compte « lequipe.fr » sur Snapchat pour avoir accès aux coulisses des plus grands évènements sportifs. Comme la cérémonie du Ballon d’Or (11 janvier) où nous serons les seuls au monde à relayer l’évènement sur les réseaux sociaux (tapis rouge, salle des trophées, photos du vainqueur en avant-première, etc.).

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Comment évoluent vos communautés ?

Actuellement, nous comptons 10 millions d’abonnés sur l’ensemble des pages de nos marques et plus de 25 millions de personnes sont en contact avec l’une d’entre elles chaque mois. C’est deux fois plus que l’année dernière !

Nous élargissons notre offre de contenus pour toucher de nouvelles communautés. Notre tout récent partenariat avec la NBA et la Pro A nous permettra d’approcher les passionnés de basket. Idem pour le biathlon dont nous venons d’acquérir les droits de diffusion et qui démarre très bien. Puis, comme toute année pair, 2016 sera très dense avec de grands rendez-vous sportifs. Inutile de vous dire que l’Euro de foot en France sera un enjeu majeur pour le social media et qui commencera dès le mois d’avril pour nous. On a déjà de belles idées en tête, nos internautes ne seront pas déçus.

Avez-vous du faire face à une crise (bad buzz) et si oui comment l’avez-vous surmontée ?

Je ne sais pas si on peut appeler ça un bad buzz mais il nous est arrivé, en janvier 2013, une drôle d’aventure autour du FIFA Ballon d’Or, entièrement liée à la démocratisation des réseaux sociaux.

Le bouclage du magazine France Football ayant lieu le dimanche soir, il était possible qu’un exemplaire sorte de l’imprimerie et fuite dans la journée du lundi, quelques heures avant la cérémonie du Ballon d’Or. Deux personnes avaient effectivement publié la Une sur Twitter. Nous avons pu intervenir rapidement en dévoilant sur notre compte officiel @francefootball, 3 Unes imprimées et différentes avec les 3 possibles vainqueurs du Ballon d’Or. Ouf, tout juste…

Un grand merci encore à Emmanuel pour avoir joué le jeu de l’interview. 🙂
Vous souhaitez vous aussi nous parler de votre stratégie social media ? Contactez-moi !

Twitter, ce que vous devez savoir… pour votre business

tout-savoir-sur-twitter

La sortie du livre « Tout savoir sur… Twitter – C’est bon pour le business ! » écrit par Camille Jourdain aux éditions Kawa a été l’occasion d’explorer avec lui l’univers de ce média social.

Que vous soyez débutant ou plus chevronné, ce livre saura vous guider sur les bonnes pratiques à employer pour être performant sur Twitter. La Twittosphère est un monde à part entière avec son langage, ses codes, ses experts dont il est important de maîtriser les bases. Divisé en trois grandes parties : les différentes campagnes de communication de marques, des témoignages d’experts dont vous pourrez tirer des leçons pour la mise en place de votre présence (bonnes pratiques), les outils qui vous serviront à gérer votre compte de manière optimale.

A l’image de la préface de Grégory Pouy, ce livre vous donnera une autre vision de la puissance de Twitter (excellent média de prise de contacts, de partages et d’échanges) et vous aidera à optimiser votre utilisation.

Un grand merci à Camille d’avoir accepté jouer le jeu de l’interview… De quoi vous donner envie de plonger dans son livre pour en apprendre plus sur Twitter et mettre en place une stratégie digitale adaptée à votre entreprise, les exemples y sont nombreux et vous permettront de reprendre des concepts qui ont fait leurs preuves !

Twitter

Camille Jourdain

Selon toi, qu’est ce qui fait qu’une entreprise a tout intérêt à se mettre à Twitter ?

Camille Jourdain : « Le potentiel de ce réseau social est impressionnant ! Pour tout vous dire, c’est mon préféré, j’y passe beaucoup, beaucoup de temps depuis 2007, année au cours de laquelle j’ai décidé de tester Twitter. Il n’est donc pas nouveau mais permet de communiquer efficacement avec des messages courts de 140 caractères. En plus, son fonctionnement est assez simple, il suffit de comprendre le vocabulaire de base, hashtag, mention, retweet et le tour est joué.

Les entreprises l’utilisent pour différentes raisons, citons les trois principales : créer du trafic sur un site web, gérer son e-réputation et générer du chiffre d’affaire. Je présente ces usages, et bien plus encore, dans mon livre : avec des exemples concrets de marques, des tests d’outils et des témoignages de professionnels ».

Twitter

Quels premier(s) conseil(s) donnerais-tu à un nouveau Twitto ?

CJ : « Parce que le contenu est roi et qu’il est important de le mettre en valeur, je conseille de tweeter des types de contenus variés, c’est à dire des articles, des liens, des vidéos et bien évidemment des images en sachant que ces dernières sont les plus partagées. Elles génèrent de forts taux d’engagement, ainsi qu’un grand nombre de retweets et de favoris. Twitter a d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet. Plus de 2 millions de tweets envoyés par des milliers de personnes pendant un mois ont été analysés afin de connaître la nature des contenus qui génèrent le plus de retweets. Résultats : la photo arrive sans surprise en tête (35%), suivis par la vidéo (28%), la citation (19%), un chiffre (17%) et le hashtag (16%) ».

Taux de RT

Twitter

Quels sont les premiers écueils à éviter selon toi ?

CJ : « Avancer sans construire une réelle stratégie est pour moi, une véritable erreur. En effet, des utilisateurs et certaines marques commencent par suivre un maximum de tweetos, sans lire leur bio et sans regarder de quoi ils parlent sur le réseau. On parle de Mass-Follow. Attention, cette idée est négative, très mal perçue par les tweetos. Ceux qui ont une certaine expérience du réseau, ont, pour la plupart, déjà testé le Mass-Follow. C’est mon cas, au début et sur une courte période, mais je ne le conseille pas. Faire du Mass-Follow en espérant le “follow back” peut sembler très utile mais cette pratique a ses limites. Pourquoi ? D’abord parce que Twitter a fixé un quota à 2000 followings pour les nouveaux inscrits, il est, par contre, possible d’aller plus loin quand on atteint un certain nombre de followers. Le Mass-Follow peut être réalisé pour recruter des followers mais il faudra ensuite les fidéliser et c’est bien là, selon moi, le plus difficile ».

Twitter

Quels sont les premiers éléments pour mettre en place sa stratégie de présence sur Twitter ?

CJ : « Même si les entreprises qui n’ont pas encore de compte Twitter s’y prennent avec un peu de retard, elles peuvent encore se lancer et en tirer des bénéfices. Chaque réseau a ses spécificités, être présent sur Twitter ou sur Facebook n’a pas la même signification. Je leurs conseille, dans un premier temps, de se poser les bonnes questions. La première : quel intérêt Twitter peut avoir pour mon entreprise ? J’en parlais au début de l’interview. La seconde : comment atteindre mes objectifs sur Twitter ? Les moyens sont nombreux et variés en fonction de la nature des objectifs. Mais surtout, elles ont le devoir de penser à des notions essentielles sur Twitter : l’échange, le partage et l’interaction ! Twitter ne sert pas qu’à poster des messages à sens unique, bien au contraire. Il sert à créer des conversations, à poser des questions, y répondre, à soumettre des idées, à s’enrichir des échanges avec sa communauté. Prendre en compte ces notions est une condition indispensable à la mise en place d’une bonne stratégie de présence sur Twitter ».

Retrouvez Camille sur Twitter : @camj59

Twitter

Et vous, quelle utilisation faites-vous de Twitter ? Comment avez-vous débuter sur ce média social ? Faites-nous partager votre expérience !

La rumeur et les médias sociaux

Dans ma série d’articles traitant de la dérive des médias sociaux, j’ai voulu aborder la problématique de la rumeur. J’ai ainsi eu l’opportunité d’interviewer Franck Cognard et Matthieu Aron, journalistes à France Inter et auteurs du livre « Les folles rumeurs », paru aux éditions Stock (mai 2014).

 FRANCK COGNARD ET MATTHIEU ARON

Retour donc sur le phénomène de la rumeur…

 

Isabelle Clément :
« Comment naît la rumeur » ?

Franck Cognard/Matthieu Aron :
 » Le sexe, l’argent, la santé, la peur de l’étranger, le complot sont bien souvent à l’origine de la plupart des rumeurs.

Rumeurs que l’on peut classer en deux grandes catégories :

  • Les rumeurs de « bonne foi »
  • Les rumeurs avec intention de nuire

La rumeur de « bonne foi » est diffusée par des gens bien intentionnés qui croient en la véracité de l’information et ont le sentiment de bien agir, d’accomplir un geste juste (citoyen). C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit du domaine de l’intime.
Le mécanisme de la « bonne foi » est très vieux et est un facteur important de propagation de la rumeur.

La rumeur malveillante peut elle être classée en deux sous-catégories :

  • pour faire rire, en signe de contestation : pour l’illustrer, nous retiendrons l’exemple de « Seb la Frite » qui a fait mourir Rihanna en quelques heures en août 2012 et dont l’information s’est propagée dans le monde entier en quelques heures à peine. On notera que les auteurs de ce type de « buzz » sont souvent des adolescents ou jeunes adultes en mal de reconnaissance.
  • avec intention de nuire, une forme de rumeur qui pourrait également être assimilée à une tentative de manipulation (notamment en matière de politique, d’économie). L’information étant « croustillante », on la colporte d’autant plus facilement, à l’exemple de la rumeur lancée sur le fils de Christiane Taubira.

Essentiellement orale, la rumeur laissait jadis libre cours à l’interprétation de chacun (marqueur important). L’existence des médias sociaux est un facteur d’amplification avec un autre effet pervers : l’information étant désormais écrite, elle devient crédible. On ne se fie plus seulement à son cercle intime (amis, famille) mais à l’ensemble de ses relations (*nous ne reviendrons pas sur terme galvaudé d' »amis » sur Facebook notamment).
Ainsi, ce n’est plus l’identité même de l’initiateur de la rumeur qui vaut foi mais le nombre d’individus qui relaient l’information.

Avant l’explosion des réseaux sociaux, seules les informations émanant des organismes de presse étaient considérés comme véridiques. Nous sommes maintenant à une époque de « confusion » car il n’y a plus désormais de différenciation entre les émetteurs professionnels (journalistes) et les émetteurs particuliers. Il devient alors difficile de distinguer le vrai du faux au premier abord ».

 

Isabelle Clément :
« Quelles sont les cibles les plus fréquentes ?

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« La réponse est aussi simple qu’effrayante : dès lors que l’on est différent de la norme (de par sa religion, sa sexualité, son appartenance à un « groupe »), on devient une cible potentielle (phénomène de stigmatisation).
Celui qui va sortir du cadre commun va susciter l’envie, la jalousie voire la peur. Comment peut-on dès lors « casser » cette personne ? C’est ainsi qu’en septembre 2013, un jeune homme blanc a été soupçonné d’enlèvement et de trafic d’organes sur des enfants et finalement lynché par la population de Madagascar ».
A noter que cette menace concerne tout aussi bien des individus « tout en haut » ou « tout en bas » de l’échelle sociale ».

 

Isabelle Clément :
« Quand la rumeur devient-elle incontrôlable ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« On peut contrôler la rumeur à partir du moment où l’on peut la contredire (apport de preuve). Ainsi, plus la rumeur est précise, plus on peut la contrôler. A contrario, plus elle est vague et moins on a de prise, la rumeur devient alors beaucoup plus virale.
Signalons néanmoins que, devant des arguments rationnels, l’irrationnel peut parfois l’emporter.

Il sera également plus facile pour une grosse entreprise d’intervenir face à la rumeur, grâce à la mise en place d’une cellule de veille (comprenant généralement plusieurs niveaux d’alerte) : en aspirant, par exemple, le nom de l’entreprise accolé au terme « rumeur ». Evidemment, lorsqu’il s’agit d’un particulier, il est beaucoup plus difficile de se défendre et de prévenir toute menace.

Notons enfin que, dès qu’il y a volonté de nuire, il y a souvent orchestration de la rumeur, les gens devenant particulièrement agressifs.
De plus, on constate que plus la victime de rumeur est une personne de « pouvoir », plus elle sera sensible à la rumeur. Et paradoxalement, plus elle essaiera de démentir l’information, plus elle sera soupçonnée d’user de son « réseau » pour se défendre. Devenant de fait…peu crédible ».

 

Isabelle Clément :
« Quels sont les facteurs d’amplification d’une rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Dans certains cas, le démenti est à lui seul un facteur d’amplification « effet Streisand ». Mais la principale menace reste le « non-droit » à l’oubli, ainsi tout écrit sur internet peut remonter à la surface à n’importe quel moment (rien ne s’efface, dans la durée, il reste toujours une menace).

Les phénomènes naturels (tremblements de terre, tsunami…) de par les traumatismes qu’ils créent sont aussi des vecteurs de rumeurs.

Enfin, à titre plus personnel, plus un individu sera touché dans ses croyances, son intimité, plus il sera à même de propager la rumeur ».

 

Isabelle Clément :
« Comment réagir face à la rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Face  à la rumeur, le démenti peut être un facteur de propagation. Ainsi, la maire de Niort s’est tue pendant deux ans face à la « rumeur du 93« , jusqu’à ce que cela touche les écoles, les fonctionnaires.
« De manière générale, il conviendra de ne pas donner davantage de poids que nécessaire à la rumeur et donc de ne pas intervenir. Cependant, lorsque le seuil de tolérance est atteint et les conséquences prennent trop d’ampleur, il conviendra de prendre les mesures adaptées.

 

Isabelle Clément :
« Peut-on facilement remonter la source de la rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« De nos jours, il est heureusement facile de remonter la source d’une rumeur.
A titre d’illustration, si vous tapez l’expression « fils Taubira » sur Google Trends, vous récupérez ainsi la période de diffusion de l’information sur internet :

Fils Taubira

Il ne sera pas forcément possible d’arriver au « Patient 0 » mais tout du moins de remonter à une source « historique » ».

 

Isabelle Clément :
« Comment se prémunir d’une rumeur ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« A l’heure des médias sociaux, il devient malheureusement impossible de se prémunir d’une rumeur. Dans l’absolu, n’importe quel individu est une victime potentielle.

Il est également des secteurs, comme à la Bourse, où l’information est traitée par des robots. Il n’y a donc plus de distinction entre ce qui est véridique et ce qui ne l’est pas.
Pierre Lazareff alors chez France Soir, se trouvant un jour contraint de publier un démenti, prononça alors la célèbre sentence :« Une information et un démenti, cela fait deux informations »« .

 

Isabelle Clément :
« Peut-on sortir indemne d’une rumeur ? » 

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Quelle que soit la rumeur, il est impossible d’en sortir indemne, cela marque toujours. De plus, les réseaux sociaux rendent les faits inoubliables et les rumeurs sont susceptibles de « remonter à la surface » à n’importe quel moment.

Lorsque l’on a été victime de rumeur(s), on devient plus fragile, plus méfiant voire paranoïaque. Selon la sensibilité de chacun ».

 

Isabelle Clément :
« Légendes urbaines, hoax, fails, canulars, rumeurs… quelles différences ? »

Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Quel que soit le terme employé, il s’agit d’un même phénomène de rumeurs seules les terminologies sont différentes. Il serait toutefois possible de faire une différenciation entre rumeur et conspiration. On pourra ici citer l’opération « Bleuite », rumeur assassine orchestrée par les services secrets pour décapiter le FLN pendant la guerre d’Algérie (incluant la mort de 7 à 8 000 personnes).

 

Isabelle Clément :
« Faut-il se méfier de certaines sources d’informations ? »

 Franck Cognard/Matthieu Aron :
« Devant la multiplicité des médias, il est difficile d’en extraire une liste exhaustive.
Il faudra se méfier en priorité des sites vivant de la rumeur et de l’actu « people » mais également des sites parodiques spécialisés dans la propagation des rumeurs ».

 

En conclusion… des raisons d’espérer…

« A l’avenir, nous pouvons espérer que si internet est un vecteur important de rumeurs, il peut également permettre de les démonter. Il conviendra donc de mettre en place des actions de sensibilisation à destination de tous.

Face à cette problématique, plusieurs initiatives voient le jour, notamment :

  • Axa et la gendarmerie française ont créé le « permis Internet » pour sensibiliser les plus jeunes aux risques numériques
  • Plusieurs villes européennes dont Barcelone, ont mis en place des campagnes d’affichages de sensibilisation
  • Le projet européen Pheme visant à démonter les rumeurs sur Internet ».

 

* : notes de l’auteur