De l’importance de vérifier qui sont vos « amis » sur Facebook

Faux profil FB

On ne cesse de le rabâcher à longueur d’articles, la notion d' »amis » sur Facebook est toute relative. Pour en avoir fait l’expérience personnellement, il est plus que facile d’être ami avec tout un chacun sur ce réseau (d’après mon « enquête », la grande majorité des membres de Facebook acceptent aisément une demande d’amis sans vérification particulière. Certains, plus méfiants (et c’est un bon début mais loin d’être suffisant !), vont tenter de comprendre l’objectif de cette demande. Mais avec les outils dont nous disposons aujourd’hui, il n’est pas très compliqué de trouver des points communs avec une personne que l’on ne connaît pas).

Je pourrais discourir longuement sur la façon dont on peut se faire passer pour un(e) autre sur Facebook mais loin de moi l’idée de partager de mauvaises pratiques. Bien au contraire, pour ceux qui ont l’habitude de lire mes articles, vous l’aurez compris, je prends très à coeur le sujet de la sensibilisation aux réseaux sociaux.

C’est suite à la lecture de l’article de Presse Citron « Facebook teste une fonctionnalité contre le vol de photos de profils » que j’ai décidé de prendre mon clavier pour rappeler quelques bonnes pratiques.

Les raisons de création de faux profils sont multiples : diffamation, tentative d’escroquerie, chantage, extorsions, pédophilie…

Rien ne vaut la preuve par l’exemple, je vous partage donc mon expérience dans ce domaine. En effet, j’ai moi-même été confrontée à un faux profil qui me demandait en « amie » sur mon compte Facebook. Ce réseau social me sert à la fois d’outil de travail et de vitrine professionnelle, je suis donc vigilante quant aux profils que je « recrute » en plus de mes « amis » existants.

Dans le cas qui nous concerne, il s’agissait donc d’un cas d’usurpation d’identité d’un profil professionnel piraté (et de tentative d’escroquerie mais je ne le savais pas encore). J’avais à la base accepté la demande d’amis car la personne présentait un parcours professionnel qui me semblait intéressant (j’avais pris la précaution de Googler l’identité de cette interlocutrice pour vérifier (valider) son parcours professionnel et de vérifier également son compte LinkedIn (et donc la pertinence d’accepter la « demande d’amis »).

Ce qui a éveillé mes soupçons ? L’approche via Messenger : « Salut , j’ai besoin de ton aide si tu veux ».

N’ayant pas eu de contact personnalisé, cette demande d’aide m’a paru fort curieuse. Mon côté investigatrice me poussant à aller jusqu’au bout de l’expérience, j’ai donc décider de « jouer le jeu » pour savoir jusqu’où cela pouvait mener. Voici donc la suite de notre conversation :

IC : « Hello *******, dis-moi
Faux profil : « je viens de bloquer mon tel’ si tu peux m’aider car aucun’ de mes proches n’est en ligne
IC : « Et via LinkedIn ? » – je précise ici que si je lui ai parlé de LinkedIn, il s’agissait bel et bien d’un premier test de ma part quant à la validation de mon interlocutrice. Partant également du principe que si elle avait un accès internet, elle pouvait utiliser un autre réseau social sur lequel elle avait des contacts.
Faux profil : « l’opérateur ma demander d’appeler le numéro de mon service pour avoir les codes déblocages mais j’ai pas d’autre tel pour le faire si tu m’aider stp ! »
IC : « Tout dépend de ce que tu veux » – oui j’avoue, j’ai un peu poussé la supercherie :-p

Etrangement, il n’y a pas eu de suite à ce dialogue de sourds. Mais j’étais maintenant sûre de mon fait, j’avais affaire à un faux profil. Poussant jusqu’au bout mon investigation (et aussi par jeu, je l’avoue), j’ai donc repris mes recherches pour entrer en contact avec la véritable propriétaire du compte Facebook. J’ai donc utilisé Google Image inversée (fort pratique dans les cas d’usurpation d’identité. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, cet outil permet de « sourcer » une image). J’ai ainsi retrouvé le véritable profil Facebook et suis entrée en contact avec elle afin de la prévenir de l’usage frauduleux de son identité. Ainsi que (pour le bonus), un lien vers tous les profils existants utilisant sa photo de profil.

Quand on sait qu’en 2016, Facebook estimait héberger 83 millions de faux comptes, vous avez donc de fortes chances de tomber dessus un jour ou l’autre ! Même si la plateforme a fait le ménage depuis, il en reste encore sans doute de nombreux… Vous avez donc bien compris l’intérêt de vous assurer de l’existence réelle de votre interlocuteur. Si l’exemple dont je fais mention est plutôt réservé à un usage professionnel, la problématique reste la même pour un usage personnel.

Au moindre doute, n’hésitez pas à :

  • checker la photo de profil à l’aide de Google Image inversée (il vous suffit d’enregistrer ladite photo puis de la charger dans l’outil) – s’il n’y a pas de photo, dans le doute, abstenez-vous !
  • faire une recherche sur Google avec l’identité du profil Facebook afin d’en savoir plus
  • checker les amis que vous avez en commun (si vous en avez). N’hésitez pas à demander à ceux-ci de valider l’identité de la personne si cela est possible.
  • parcourir les informations de profil (les éléments sont-ils renseignés ? sont-elles cohérentes ?
  • prendre connaissance du fil d’actualités : existe t-il depuis longtemps ? Remonte t-il suffisamment loin (plusieurs mois voire plusieurs années) ? Y a t-il des interactions avec d’autres personnes ?

Ces premières vérifications devraient vous permettre d’éviter la majorité des faux comptes. Je vous suggère alors de bloquer le profil mais également de le signaler auprès de Facebook.

Enfin, si j’aborde aujourd’hui le sujet des faux profils sur ce réseau social en particulier, sachez que cela concerne également les autres médias sociaux sur lesquels vous être présent(e) ou vous pourrez procéder de même.

Et vous, avez-vous déjà été confronté(e) à de faux profil(s) ? Comment les avez-vous détectés ? Quels sont vos « trucs et astuces ? 🙂

Les 11-13 ans, public clandestin des réseaux sociaux

Instagram pour la visibilité, Snapchat pour échanger discrètement : les très jeunes ados se connectent loin des yeux de leur famille et deviennent des passagers invisibles d’Internet

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Normalement interdits d’accès aux réseaux sociaux, les moins de 13 ans y sont malgré tout très présents, grâce notamment à un accès de plus en plus précoce aux smartphones donnés par leurs parents. Ces utilisateurs invisibles qui n’apparaissent pas dans les statistiques des plateformes sont également devenus une source de perturbation pour les annonceurs qui doivent composer avec un public qu’ils ne cherchent pas à toucher, mais dont les comportements peuvent laisser présager l’avenir des usages.

Officiellement, ils ne sont pas là. En réalité, ils sont accros. Eux, ce sont les 11-13 ans, des jeunes qui légalement n’ont pas le droit d’utiliser les réseaux sociaux mais qui s’affranchissent allègrement de cette règle. Ils le font d’autant plus facilement que ce sont justement leurs parents qui leur offrent leur premier téléphone, souvent à leur entrée en 6e. Et contrairement à une époque bien révolue, il ne s’agit plus d’un Nokia 3210 mais de l’ancien smartphone d’un membre de la famille. Plus rien ne peut alors s’opposer à ce qu’ils accèdent à Facebook, Instagram ou Snapchat.

« Les parents n’ont pas pris conscience de ce phénomène, explique Cyril di Palma, directeur général de l’association Génération numérique. Le digital n’est pas un sujet d’éducation, ils nous répondent d’ailleurs souvent qu’ils n’y connaissent rien et que leurs “enfants savent mieux qu’eux” ». A eux de se forger leurs propres codes.

« La 6e, c’est le moment où on commence à accorder de l’importance à notre image, décrypte Arthur Kannas, cofondateur de l’agence de publicité Heaven, spécialiste du marketing social. Les jeunes vont donner une image d’eux à travers ce qu’ils vont liker et partager sur les réseaux sociaux. Une sorte de “je suis ce que je like” ». Parmi ce qu’ils aiment le plus : les contenus humoristiques, ceux autour du style et les sports extrêmes.

De Skyblog à Instagram. Davantage que Facebook, trop grand public, ce sont Instagram et Snapchat qui sont privilégiés par ces jeunes en quête de tranquillité. Deux endroits où leur vie privée peut être, paradoxalement, davantage respectée. Pas de nom, pas photo de profil, la possibilité de rendre son compte privé, tout est fait pour favoriser la tranquillité voire l’anonymat. « Ils utilisent Instagram pour la visibilité, pour s’exposer et, s’ils se lient d’amitié, donnent ensuite leur compte Snapchat pour s’en servir comme messagerie », ajoute Arthur Kannas. Ici pas de courses aux amis ou aux followers, mais des échanges avec un cercle restreint d’amis. Le publicitaire fait un parallèle qui ne parlera pas à ces « clandestins des réseaux sociaux » : Instagram serait le nouveau Skyblog et Snapchat le nouveau MSN.

Onze ans en arrière, une éternité à l’échelle du numérique. Début 2005, Skyblog compte 1 million d’abonnés ; ce sera dix fois plus, un an plus tard. « La France invente le premier réseau social où s’exposent les ados », se souvient Cyril di Palma. « C’était déjà la course à l’échalotte, à la popularité, au maximum de commentaires ». C’était avant l’émergence de Facebook et de tous ceux qui ont suivi. Les jeunes ont successivement fermé leur profil Skyblog et quitté MSN pour privilégier des plateformes mobile first.

En France, sur 8 millions d’utilisateurs de Snapchat, ils seraient 600 000 à avoir moins de 13 ans, révèle Heaven, soit 7 % des jeunes de moins de 13 ans. Entre 55 % et 60 % des 8-10 ans auraient accès aux réseaux sociaux, estime de son côté Génération numérique. Des chiffres conséquents qui ne sont pas sans poser problème aux annonceurs qui affluent sur ces applications avec l’espoir d’atteindre les millenials.

« D’une part, ils vont avoir dans leurs statistiques des gens qui polluent leurs chiffres et, d’autre part, cela les oblige à davantage de responsabilités dans leurs campagnes. Par exemple en faisant attention à ce qu’ils font dire à des youtubeurs », prévient Arthut Kannas. S’ils ne sont pas ciblés directement, ces jeunes usagers des réseaux sociaux savent déjà très bien s’éviter les intrusions publicitaires. Ainsi, 22 % d’entre eux disent utiliser sciemment un ad-blocker. En ajoutant ceux qui utilisent un ordinateur où les parents ont déjà installé un outil du même type, voici une génération naturellement hermétique à toute forme de publicité.

Parade publicitaire. Pour les annonceurs, il faut donc dès à présent trouver la parade. « Même si on s’est aperçu dans nos groupes de travail avec eux que les enfants ne sont pas dupes, grâce aux filtres qu’ils sponsorisent sur Snapchat, les annonceurs peuvent être davantage perçus comme des créateurs de contenus que de publicité », estime Arthur Kannas.

C’est par le contenu que les marques parviendront à s’agripper à ces réfractaires aux réclames à la papa. L’application Musical.ly pourrait bien incarner une de ces passerelles entre marques et très jeunes consommateurs. Son principe : créer son propre clip sur la chanson d’une de ses stars préférées. Parmi ses 40 millions d’utilisateurs actifs mensuels, probablement beaucoup de moins de 13 ans, ce que préfère ignorer son co-créateur Alex Zhu : « Nous pourrions leur demander leur âge mais ils diraient de toute façon qu’ils ont plus de 13 ans, alors ça ne change rien pour nous. Nous devons juste nous assurer que l’environnement est protégé ». Mais pas protégé de certaines formes de publicité. Son dirigeant espère convaincre les labels de musique de s’associer à la plateforme ou, comme Snapchat, de faire sponsoriser des filtres.

« Cela semble gentillet mais c’est déjà une brèche dans leur vie privée », prévient Cyril di Palma. Qu’à défaut de combler, les parents devront tenter d’encadrer.

Source : http://www.lopinion.fr/edition/economie/11-13-ans-public-clandestin-reseaux-sociaux-116278

Vos visuels depuis votre smarphone !

L’époque étant à la généralisation de l’usage des smartphones, vous avez sans doute dû créer un visuel sans avoir votre ordi sous la main. Voici donc quelques astuces pour réaliser vos visuels à partir de votre 3ème main, outils particulièrement utiles pour nous autres Community Managers 😉

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Over

L’application est gratuite (mais il faudra payer pour enrichir le nombre de polices ou de visuels). Côté images, vous avez accès aux bibliothèques gratuites Unsplash et Pixabay. Les photos sont de qualité, même si cela peut parfois prendre un peu de temps pour trouver le bon visuel).

Vous disposez de gabarits adaptés aux formats des différents réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter, Pinterest, Youtube, Linkedin, …) et d’autres aux dimensions d’écran de plusieurs appareils (iPhone, Watch, 16:9, …). Vous pouvez choisir un arrière-plan de votre bibliothèque personnelle (l’appli différencie les jpg des png, ce qui est pratique pour retrouver un logo en transparence par exemple), dans Unsplash, Pixabay ou Google images. Les traditionnels filtres sont bien présents, mais il y a aussi quantité d’outils de retouche d’image : ajustements colorimétriques, taille, ombrage, opacité, rotation, flou, teinte, masque, etc.

La fonction « teinte » est particulièrement utile. L’application permet d’intégrer un logo en png sur un arrière-plan. Grâce à cette fonction, vous allez pouvoir modifier la teinte du logo ou de votre png, pour l’intégrer proprement dans votre image.

Vous disposez d’Artworks, souvent payants, qui sont des petits objets, des formes, des textes pour agrémenter vos images. Pas toujours facile de trouver ce qu’il vous faut, d’autant que les bibliothèques sont payantes.

canva

Canva

Depuis peu, Canva dispose de son application sur iOs pour iPhone et iPad. On y retrouve les fonctionnalités du site adaptées à la taille d’un écran mobile. Ce qui est particulièrement agréable, c’est qu’une fois connecté, on retrouve sur l’application tous les visuels réalisés sur le site ou sur l’app. Vous pouvez commencer un visuel sur votre téléphone et le reprendre sur votre ordinateur quelques minutes plus tard.

Les formats proposés sont nombreux (on y retrouve la plupart des réseaux sociaux, des gabarits pour votre blog, etc.) Côté photos, vous aurez accès à du gratuit (Unsplash) et du payant. Les layouts vous permettront de gagner du temps pour créer une image rapidement.

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Spark Post

Tout comme Canva, vous pouvez aisément l’utiliser depuis le site internet sur votre ordinateur ou depuis l’application sur votre smartphone. Vous retrouvez vos visuels d’une plateforme à l’autre.

On retrouve finalement des fonctionnalités communes : les gabarits, l’accès à des banques d’images gratuites, les titres, etc. Toutefois, il s’agit d’Adobe et il fallait se distinguer. Ainsi, au choix d’image, on a la possibilité de piocher dans sa bibliothèque Lightroom pour les photographes. Cela évite les va-et-vient et les conversions entre applications. Très pratique. Spark propose également des images toutes faites, à modifier, qu’il range par thématiques : Seasonal, Craft, Business, Travel, Food et Lifestyle. Les visuels proposés sont de qualité et servent également à montrer toute la richesse de l’application. Difficile d’ailleurs de faire un faux pas visuel puisque l’application vous guide. En effet, lorsque vous choisissez une image d’arrière-plan, Spark vous propose d’emblée une palette de couleurs pour vos textes et éléments graphiques. Super pratique pour utiliser des couleurs qui fonctionnent ensemble.

C’est l’application qui propose les mises en page de texte les plus folles et les plus créatives. Enfin, vous pouvez animer les éléments de votre composition graphique et exporter tout ça en vidéo ou en gif animé.

Et vous, quel(s) outil(s) utilisez-vous pour créer vos visuels à partir de votre smartphone ? Faites-nous un retour sur leur(s) usage(s) ! 😉

Source : http://www.squid-impact.fr

Protégez vos visuels sur Internet !

Le droit d’auteur, qui porte sur les écrits, photos, visuels, etc., confère à l’auteur un droit de propriété exclusif sur sa création, aussi bien en matière de droits moraux (divulgation, par exemple) que patrimoniaux (droit d’exploitation de l’œuvre : représentation, reproduction ou adaptation). Si le droit d’auteur s’applique dès la création de l’œuvre, la protection qu’il apporte suppose d’en prouver l’existence.

Mais, en cas de litige, l’auteur doit être en mesure de prouver qu’il est bien l’auteur et la date de création de son œuvre.

Blokai (outil gratuit) est un service en ligne qui se propose de vous aider à protéger vos droits sur vos créations graphiques sur Internet. Photos, designs, dessins, Blockai vous invite à déposer une sorte de copyright en ligne avec un certificat de publication pour faire valoir vos droits.

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Blockai va surtout mettre en place une veille automatique sur toutes les images que vous allez déposer sur le service. Pratique.

Après une inscription rapide sur le site, vous allez pouvoir télécharger vote première image (vous pouvez lui donner un titre et une description). Blockai enregistre la date et l’heure de votre dépôt et vous fournit un certificat numérique. Le service va dans le même temps scanner le web et les réseaux sociaux à la recherche de l’image et vous indiquer si elle s’y trouve déjà. Vous pourrez y récupérer les liens des pages où Blockai a déniché votre image.

L’outil va aussi veiller sur vos intérêts en scannant régulièrement le Net et vous alertant si votre image apparait dans de nouveaux endroits. C’est d’une redoutable efficacité.

Blockai va créer avec toutes vos images une page profil regroupant l’ensemble de vos oeuvres. Notez que ces dernières peuvent être publiques ou privées.

Blockai vient d’enrichir son service avec une option pour Twitter. Une fois enregistré il suffit de tweeter une image que vous souhaitez protéger avec le hashtag #blockai. Quelques secondes plus tard, vous recevrez toujours par Twitter un lien qui vous mènera à votre certificat de propriété.

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L’outil Blokai est encore en cours de développement. Il constitue une tentative louable de mettre en place un système de protection du droit d’auteur sur le net et les réseaux sociaux. Si la valeur légale de ce type d’outils est sans doute contestable devant un vrai tribunal, il permettra aux auteurs de veiller à la diffusion et reprise de leurs oeuvres et éventuellement de contacter directement les copieurs pour réclamer leurs droits.

Stratégie social media de Pernod Ricard

On s’interroge souvent sur les limites d’une stratégie social media pour les marques d’alcool en regard de la loi Evin qui encadre la publicité en faveur des boissons alcoolisées sans toutefois l’interdire. L’article 13 de la loi n°2016-41 (du 26 janvier 2016, instaurant l’article L 3323-3-1 du code de la santé publique), instaure ainsi un assouplissement concernant la promotion de l’alcool. Cet article garantit que les références à des régions de production, à des indications géographiques ou au patrimoine culturel liés à des boissons alcooliques protégées au titre de l’article L. 665-6 du code rural et de la pêche maritime ne sont pas considérées comme des publicités.

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C’est dans cette optique et afin de mieux cerner comment les marques d’alcool communiquent et instaurent un véritable dialogue avec leurs communautés, que j’ai sollicité Marie-Solène Mirrione, Thibaut Portal et Sébastien Claudet, afin de répondre à quelques questions. J’en profite pour les remercier grandement pour avoir accepté le jeu de l’interview.

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Marie-Solène, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre fonction au sein de Pernod Ricard ?

Le choix du digital comme expertise s’est fait naturellement, au gré des affinités, des expériences et des rencontres. Diplômée du CELSA en marketing et médias numériques, j’ai commencé dans le monde des agences avant de passer de l’autre côté du miroir, en startup puis en entreprise chez LEGO France. En 2015, je rejoins le siège de Pernod Ricard en tant que spécialiste social media. Il s’agit d’une des briques essentielles de l’équipe Media Hub dirigée par Thibaut Portal.

 

Comment est constituée l’équipe dédiée au digital ?

L’équipe d’accélération digitale du siège de Pernod Ricard est constituée d’une dizaine d’experts venus des quatre coins du monde. Nous travaillons ensemble sur différents projets qui sont ensuite déployés dans nos filiales : data, insights, e-commerce, content, media buying, social media. Le digital étant présent partout, nous travaillons en transverse avec les autres départements et filiales du groupe.

 

Quelle est votre stratégie globale sur les médias sociaux ? Et comment la déclinez-vous en fonction des réseaux sociaux sur lesquels Pernod Ricard est présent ?

Notre stratégie est de placer le consommateur au centre afin d’être au plus près de ses attentes. Cela se traduit notamment par une déclinaison locale de nos activations marketing. Au-delà des campagnes, nous proposons des contenus utiles à nos consommateurs comme par exemple des recettes de cocktails ou encore des services pour organiser ses soirées. A chaque réseau social son type de contenu : plus de créativité et d’inspiration sur Instagram, des vidéos how-to sur YouTube, les couvertures des événements en live sur Twitter ou Facebook Live.

 

Comment gérez-vous votre présence digitale dans le cadre de la loi Evin ?

La loi Evin est systématiquement prise en compte dans toutes nos communications sur le marché français. Nous ne ciblons que les personnes majeures et faisons valider tous nos contenus par les équipes du département légal afin de respecter cette loi. Cela ne nous empêche pas pour autant de faire preuve de créativité et d’être très actifs en France sur les réseaux sociaux.

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Sur quels médias sociaux êtes-vous présents (et pourquoi ?) et quelle est votre ligne éditoriale sur chacun d’eux ?

Co-leader mondial des vins et spiritueux, le groupe Pernod Ricard compte plus de 1200 comptes pour environ 120 marques sur les réseaux sociaux. La majorité de notre activité est concentrée sur Facebook puis Instagram, Twitter et YouTube. Nous sommes également présents sur d’autres réseaux plus spécifiques comme WeChat pour le marché chinois. La ligne éditoriale varie en fonction de la marque et du marché. Havana Club axe par exemple sa communication sur la culture cubaine. Afin de gérer au mieux cet écosystème complexe, nous avons une organisation décentralisée composée des sociétés de marques et des sociétés de marchés. Les premières veillent à l’image de marque tandis que les marchés sont en charge d’activer les marques dans leurs pays respectifs.

 

Quels sont vos principaux objectif/enjeux ?

Maîtriser les leviers digitaux est une des priorités du groupe. Il s’agit d’un changement de paradigme pour Pernod Ricard qui doit passer du marketing traditionnel plutôt top-down à une approche centrée sur le consommateur, portée par le marketing digital. En tant qu’experts, notre mission est d’insuffler cette fibre du digital à travers nos filiales afin de croiser nos forces pour amplifier notre impact à l’échelle internationale. Cela se traduit par exemple par une utilisation intelligente des données collectés de manière structurée via les canaux numériques.

 

Comment évoluent vos communautés ?

Nos communautés représentent aujourd’hui plus de 34 millions de personnes uniquement sur les réseaux sociaux. Ces dernières ont gagné en maturité et maîtrisent parfaitement les outils digitaux. Elles se conseillent, s’enrichissent et échangent entre elles sans que nous ayons forcément besoin d’intervenir. Nos meilleurs contenus sont souvent ceux créés par nos consommateurs car l’authenticité a plus d’impact que le discours d’une marque.

En cas de bad buzz, avez-vous mis en place une cellule de crise ?

Même si les bad buzz sont très rares, nos experts se tiennent prêts à intervenir à tout moment. Nous avons pour cela anticipé les différents scénarios possibles et restons à l’écoute des réseaux sociaux pour être alertés si besoin.

Que pensez-vous de la campagne de sensibilisation du Fonds Action Addiction qui a récemment fait le buzz sur Instagram ? 

Cette campagne est intéressante car elle ne ressemble précisément pas à une campagne : ce compte Instagram pourrait être celui de n’importe quelle jeune parisienne. Cela permet à chacun de s’identifier et de se poser des questions sur sa consommation et celle de son entourage.

Pensez-vous qu’une marque comme la vôtre soit légitime pour lancer ce type de campagne ? Pourriez-vous (ou avez-vous) lancé une(des) action(s) similaires ? Si oui, pouvez-vous nous en parler ?

Nous ne pourrions pas lancer de campagne de ce type dans le sens où elle met en avant ce qui nous est interdit dans la loi Evin : poster des photos de jeunes personnes en train de passer de bons moments, un verre à la main. Cependant nous sensibilisons nos consommateurs à adopter une consommation responsable. Nous avons notamment lancée une application mobile :

Wise Drinking qui permet de suivre sa consommation, de calculer son taux d’alcoolémie ou encore d’appeler un taxi ou un ami pour rentrer chez soi en toute sécurité après une soirée.

Enfin, pouvez-vous nous parler d’actions innovantes qui vous auriez lancées ? Et des résultats obtenus ?

Absolut a lancé récemment une campagne innovante aux Etats-Unis où il était possible de choisir son cocktail et son bar via le bot Messenger Absolut Night. L’opération a très rapidement fait parler d’elle dans les médias.

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Capture écran Absolut bot Messenger

Un dernier mot pour la fin ?

Cheers ! 🙂